Brexit dur: «Un djihadiste pourrait entrer en Suisse» en douce

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Brexit dur«Un djihadiste pourrait entrer en Suisse» en douce

Un divorce dur priverait l'Europe des données sur les terroristes britanniques, qui pourraient voyager incognito et constituer un danger pour la Suisse, avertit Keller-Sutter.

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La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

AFP
Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

AFP
Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

AFP

La conseillère fédérale critique l'attitude de la Commission européenne qui veut supprimer du jour au lendemain les données britanniques du système d'information Schengen (SIS).

Il y a un danger qu'en cas de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) sans accord, «un djihadiste d'Angleterre entre dans notre pays sans que nous ne le sachions», déclare Mme Keller-Sutter dans un entretien diffusé dimanche par le journal alémanique «NZZ am Sonntag». Elle pointe un risque de dangereuses failles de sécurité.

La Commission européenne veut que, «le 29 mars à 23h», toutes les données fournies par les autorités britanniques soient effacées du SIS, dans lequel toutes les personnes soupçonnées de terrorisme doivent être obligatoirement inscrites, explique la conseillère fédérale. Cette décision a des conséquences considérables pour la sécurité de la population, non seulement au Royaume-Uni, mais aussi dans l'UE et en Suisse, ajoute-t-elle.

Données britanniques précieuses

«Les Britanniques délivrent des données précieuses, précisément dans la lutte contre le terrorisme», indique Mme Keller-Sutter. L'année dernière, 439 informations britanniques ont été introduites dans le système. La plupart d'entre elles concernaient des personnes soupçonnées de terrorisme, poursuit-elle.

La Suisse n'est pas le seul Etat à se poser des questions sur cette situation, selon la PLR st-galloise. Plusieurs représentants des Etats-membres de l'UE ont fait part de leurs inquiétudes lors d'une réunion ministérielle. «La réponse de la commission a toutefois été claire: la Grande-Bretagne sera écartée du jour au lendemain» du système.

«La Commission européenne agit dans le strict respect de ses principes et non en fonction des intérêts de la sécurité», remarque la ministre de 55 ans. La Suisse va maintenant chercher une solution bilatérale avec Londres. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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