Vaud: Un «DSK vaudois» licencié pour harcèlement sexuel
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VaudUn «DSK vaudois» licencié pour harcèlement sexuel

Des employées victimes d'avances très appuyées ont obtenu gain de cause. Le chef a été écarté après un audit.

par
reg
Le directeur a abusé de son autorité envers ses subordonnées.

Le directeur a abusé de son autorité envers ses subordonnées.

«Il me demandait souvent: «C'est quand que tu me suces?» en prétextant la plaisanterie.» Un autre témoignage relaté par l'hebdomadaire «L'Evénement syndical» a fait état hier d'un directeur qui «s'imposait physiquement pour mettre sa tête sur les jambes» d'une employée durant les pauses. Une troisième collaboratrice révèle qu'il avait piqué une crise lorsqu'il avait appris qu'on le surnommait «DSK», du diminutif de l'homme politique français Dominique Strauss-Kahn, impliqué dans plusieurs scandales sexuels. «Il est entré dans une rage impressionnante, hurlant: «Vous êtes tous des connards, dans cette boîte!» et donnant des coups de pied contre les meubles.»

Dépression d'une assistante de direction

Les employées ont subi cette situation durant plusieurs mois, voire des années, jusqu'à la dépression de l'assistante de direction. Elles ont alors consulté le syndicat Unia qui a interpellé le conseil d'administration (CA) de cette entreprise internationale présente dans le canton de Vaud. Un audit externe a été mené début mars. Selon «L'Evénement syndical», le CA en a suivi les recommandations et le directeur a été licencié immédiatement.

Yves Defferrard, d'Unia Vaud, relève que ce cas n'est pas unique. Les conseils du secrétaire syndical en pareille situation sont d'oser dire «non» et d'aller consulter un médecin ou un syndicat. «Un rapport médical peut constituer une première preuve légale. Il faut aussi tout noter jour après jour, avec autant de détails que possible, et conserver tous les e-mails tendancieux.» Il recommande également de réfléchir à deux fois avant d'accepter des demandes d'amitié de supérieurs sur les réseaux sociaux.

Malgré plusieurs tentatives, nous ne sommes pas parvenus à entrer en contact avec l'entreprise concernée ni avec les différents protagonistes.

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