Affaire Hainard: Un duel gauche-droite pour régler la succession
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Affaire HainardUn duel gauche-droite pour régler la succession

Les électeurs neuchâtelois seront appelés à choisir leur camp, dimanche prochain, lors du second tour de l'élection destinée à remplacer le PLR Frédéric Hainard au Conseil d'Etat.

Frédéric Hainard a quitté ses fonctions pour certains manquements.

Frédéric Hainard a quitté ses fonctions pour certains manquements.

Au premier tour pour la succession de Frédéric Hainard, le PLR Thierry Grosjean a remporté l'élection complémentaire avec 209 voix d'avance sur le Vert Patrick Erard, qui faisait figure de favori. Le viticulteur-encaveur d'Auvernier a démontré que l'électorat de droite ne tenait pas rigueur au PLR des abus de pouvoir qui ont débouché sur l'affaire Hainard.

Très nettement distancé au premier tour par Thierry Grosjean et Patrick Erard, le représentant du nouveau Parti bourgeois démocratique (PBD), Pierre-Alain Storrer, a renoncé à participer au second tour. Les cinq autres candidats n'ont pas atteint le quorum de 5% des voix nécessaire à leur maintien dans la course.

Echange des rôles

Le premier tour a eu pour conséquence d'élever Thierry Grosjean du rang d'outsider à celui de favori du second tour. De son côté, Patrick Erard compte sur la mobilisation des abstentionnistes pour faire le plein des voix de gauche et effacer son résultat décevant du premier tour.

Le candidat de la gauche unie a imputé son demi-échec à la faible mobilisation des électeurs de son camp. Le 31 octobre, lors du premier tour, le taux de participation a atteint en effet seulement 32%, soit dix points de moins au moins que le niveau habituel.

Analyses divergentes

Les avis cependant divergent sur les causes du degré élevé d'abstention. La gauche ne dissimule pas son espoir d'un réveil de son électorat au second tour. Selon elle, la crise gouvernementale du moment restera sans solution si un représentant du même parti que Frédéric Hainard est élu au Conseil d'Etat.

En effet, le gouvernement sortant se compose de trois PLR et deux PS, alors que la gauche détient la majorité au parlement. Le PS s'est ainsi abstenu de présenter un candidat à l'élection, tout en critiquant l'ambition du PLR de conserver la majorité au Conseil d'Etat, alors que ce parti détient 36% des sièges au parlement.

Volonté souveraine

Il n'empêche que ce sont les électeurs eux-mêmes, qui, en avril 2009, ont élu un gouvernement de droite faisant face à un parlement de gauche. Et il n'est pas exclu que les Neuchâtelois approuvent à nouveau ce scénario au second tour de l'élection complémentaire, comme si cela devait refléter la crise de confiance actuelle.

Durant la campagne, l'UDC n'a pas manqué d'établir le lien entre l'affaire Hainard et la perte de confiance en général de la population à l'égard du gouvernement et de sa politique. Selon elle, le faible niveau de participation au premier tour n'est pas lié à une présumée défection de l'électorat de gauche.

Appel au vote blanc

En perspective du second tour, l'UDC a appelé l'électeur à manifester une nouvelle fois sa méfiance à l'égard du Conseil d'Etat par un recours au vote blanc, moins équivoque que l'abstention pure et simple. L'UDC n'avait pas participé au 1er tour.

Au départ, le parti comptait présenter son propre candidat avec le soutien du PLR, qui se serait abstenu de revendiquer le siège de Frédéric Hainard. Ayant échoué dans sa tentative, l'UDC a choisi finalement de ne pas soutenir Thierry Grosjean, décrit comme un candidat de «centre-gauche». (ats)

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