11.12.2018 à 09:19

Genève

Un duo aurait escroqué 22 millions aux HUG

L'ex-chef comptable des HUG et un avocat sont soupçonnés d'avoir truqué la comptabilité et surfacturé des prestations.

de
lfe/ats
Le dommage se compte en millions.

Le dommage se compte en millions.

Keystone

«On a tondu les petites gens qui jonglent pour payer leurs assurances maladies.» L'idée générale du procès qui s'est ouvert hier au Tribunal correctionnel a été résumée par le premier procureur Stéphane Grodecki. L'ancien chef de la comptabilité des Hôpitaux universitaire de Genève (HUG) et un avocat de la place sont poursuivis pour avoir causé un préjudice de 22 millions de francs à l'établissement public.

Surfacturation, travail fictif

Le chef comptable de 62 ans avait sollicité l'avocat, 61 ans, pour s'occuper du recouvrement des factures impayées des HUG. Il est notamment accusé d'avoir surfacturé les prestations fournies par l'homme de loi et d'avoir rémunéré du travail fictif. Au terme d'une première journée de débats extrêmement techniques, le comptable a été entendu. Il s'est exprimé sur son lien avec l'avocat, ami et ancien camarade d'études.

De 2007 à 2015, le juriste a perçu pour son travail aux HUG un peu plus de 50 millions de francs d'honoraires, alors qu'au maximum 30 millions auraient pu être admis, selon le Parquet.

Pratiques jamais contestées

Les deux prévenus contestent les charges qui pèsent sur eux et plaident leur acquittement. «Je vis cette procédure comme une injustice complète», a déclaré devant le tribunal l'ancien chef comptable des HUG. «J'ai toujours fait mon travail en mon âme et conscience», a-t-il ajouté.

L'ex-chef comptable a notamment affirmé que le recours à son ami avocat aura au final coûté moins cher aux HUG que d'utiliser les services d'une société de recouvrement. Il a aussi expliqué que les manœuvres comptables qui lui sont reprochées relevaient de pratiques anciennes qui n'avaient jamais été contestées.

Le procès est appelé à durer jusqu'à vendredi. Le verdict sera rendu le 21 décembre. Le comptable est poursuivi pour faux dans les titres, gestion déloyale des intérêts publics et alternativement d'escroquerie. L'avocat, lui, doit répondre d'escroquerie par métier et d'instigation à gestion déloyale des intérêts publics.

Journée de travail de 24h

Un audit de la Cour des comptes, daté de 2015, a levé le voile sur ce qui aujourd'hui qualifié d'escroquerie. A titre d'exemple, l'avocat (qui a présidé une association de défense des contribuables) a touché 42 francs pour chaque sommation envoyée aux patients. Des missives pourtant produites et expédiées par les HUG. Il aurait aussi facturé des horaires de travail fantaisistes, comme 250 jours où il aurait été actif durant 24h.

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