Allemagne: Un duo insolite pour diriger le parti populiste
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AllemagneUn duo insolite pour diriger le parti populiste

Les populistes de l'Afd ont choisi une homosexuelle de 38 ans et un septuagénaire de l'aile dure du parti pour diriger la campagne des législatives.

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Les quelque 600 délégués ont validé dimanche à 67,7% la désignation d'Alexander Gauland, 76 ans, et Alice Weidel, 38 ans. (Dimanche 23 avril 2017)

Les quelque 600 délégués ont validé dimanche à 67,7% la désignation d'Alexander Gauland, 76 ans, et Alice Weidel, 38 ans. (Dimanche 23 avril 2017)

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Après avoir infligé un camouflet à leur figure de proue, les populistes allemands de l'AfD doivent désigner l'équipe qui portera leur programme jusqu'aux législatives de septembre. (Dimanche 23 avril 2017) The anti-immigration party, which hopes to win its first seats in the national parliament in a general election in September, will gather in the western city of Cologne on April 22-23, 2017. / AFP PHOTO / Ina Fassbender

Après avoir infligé un camouflet à leur figure de proue, les populistes allemands de l'AfD doivent désigner l'équipe qui portera leur programme jusqu'aux législatives de septembre. (Dimanche 23 avril 2017) The anti-immigration party, which hopes to win its first seats in the national parliament in a general election in September, will gather in the western city of Cologne on April 22-23, 2017. / AFP PHOTO / Ina Fassbender

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Des policiers font face à des manifestants.

Des policiers font face à des manifestants.

Keystone

Les populistes allemands du parti antimigrants Alternative für Deutschland (AfD), réunis en congrès, ont désigné un duo éclectique dimanche pour diriger la campagne des législatives de septembre: un septuagénaire appartenant aux durs du parti et une économiste homosexuelle de 38 ans.

Figure de proue des radicaux

Les quelque 600 délégués ont validé à 67,7% la désignation d'Alexander Gauland, 76 ans, et Alice Weidel. Cette décision intervient après des mois d'une guerre des chefs qui a culminé samedi avec la cuisante défaite de la coprésidente de l'Alternative pour l'Allemagne Frauke Petry. Sa motion destinée à empêcher une dérive vers l'extrême droite du parti n'a même pas été examinée.

M. Gauland, figure de proue des radicaux de l'AfD, est très apprécié de la base. Il est un habitué des sorties polémiques, comme lorsqu'il s'en prenait l'année passée au joueur noir de l'équipe nationale de foot, Jérôme Boateng.

Après sa désignation, dans un discours très posé, il a appelé son parti à l'unité. «C'était un congrès difficile (...) maintenant tous les conflits internes au parti doivent cesser», a-t-il lancé, «à partir de maintenant nous allons nous concentrer sur nos adversaires politiques».

Programme économique libéral

Son binôme, Alice Weidel, peu connue du grand public, est une ancienne banquière de 38 ans, vivant en couple avec une femme. Elle fait partie de la direction de l'AfD bien que celui-ci n'a de cesse de défendre la famille et les couples dits «traditionnels». La jeune femme est l'une des architectes du programme économique libéral et anti-euro de l'AfD, mais s'est aussi fait remarquer par ses discours très durs sur l'immigration.

Dans son allocution dimanche, en référence à l'attentat de décembre sur un marché de Noël de Berlin, Mme Weidel a dénoncé un «scandale», car selon elle les Allemands ne peuvent plus célébrer «une fête chrétienne sans la protection de la police, de fusils-mitrailleurs». Ce duo portera d'ailleurs jusqu'aux législatives du 24 septembre un programme résolument anti-islam et anti-immigration adopté lui aussi dimanche. Ses cibles privilégiées sont les conservateurs (CDU) de la chancelière Angela Merkel, qui vise un quatrième mandat, et les sociaux-démocrates (SPD) de l'ex-président du Parlement européen Martin Schulz.

Capitalisant sur les craintes liées à l'arrivée de plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015-2016, l'AfD avait connu une envolée dans les sondages, atteignant 15%. Un niveau sans précédent pour un parti de ce type dans l'Allemagne d'après-guerre.

Objectif de devenir le 3e parti

Mais entre les crises internes, la baisse du flux migratoire et les polémiques sur le racisme et le nazisme, la formation a enregistré un repli depuis janvier (7 à 11% selon les études). La CDU et le SPD sont à environ 30% chacun. L'objectif de l'AfD d'un résultat à deux chiffres et de devenir le troisième parti du pays est donc loin d'être acquis.

Pour se refaire, la formation, fondée en 2013, compte donc insister sur le danger que représenterait l'islam pour l'Allemagne. Le parti promet aussi la fermeture des frontières, la fin de la binationalité, un durcissement du droit d'asile et des expulsions massives. Se voulant aussi anti-élite, l'AfD réclame par ailleurs plus de démocratie directe et une sortie de l'euro.

Sous haute tension

Ce congrès s'est tenu sous haute tension. Deux policiers ont été légèrement blessés samedi dans des échauffourées avec des manifestants qui ont tenté d'empêcher les quelque 600 délégués de l'AfD de rejoindre l'hôtel où se tient le congrès.

Plus de 4000 policiers ont été mobilisés pour encadrer les quelque 50'000 manifestants anti-AfD rassemblés derrière des banderoles proclamant leur «refus du fascisme» ou leur volonté d'interdire à l'AfD d'entrer au Bundestag. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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