Pédophilie - Vatican: Un «e-learning» pour la protection de l'enfance
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Pédophilie - VaticanUn «e-learning» pour la protection de l'enfance

L'Eglise catholique a lancé officiellement jeudi un centre d'«e-learning» pour former prêtres, évêques et religieuses à la protection de l'enfance.

Le symposium de quatre jours sur les cas de pédophilie dans l'Eglise a débouché sur la création d'une plateforme d'e-learning.

Le symposium de quatre jours sur les cas de pédophilie dans l'Eglise a débouché sur la création d'une plateforme d'e-learning.

Le lancement a ponctué un symposium de quatre jours à Rome, organisé pour mieux coordonner la lutte contre la pédophilie. C'est à partir de Munich que doit être géré le centre de formation sur internet, accessible depuis le monde entier. La plateforme intègrera les connaissances les plus actualisées sur les multiples dimensions du problème pédophile.

Avec le soutien du Vatican, 200 évêques, supérieurs d'ordres religieux et experts, étaient réunis pour «mettre fin à la culture du silence» dans l'Eglise. Ils devaient aussi trouver les bons instruments pour lutter efficacement contre un scandale qui a fait des dizaines de milliers de victimes, enfants et adolescents, à travers le monde.

Cette réunion organisée par le Vatican a joué d'abord le rôle d'un séminaire de «formation» de nombreux évêques eux-mêmes, selon plusieurs participants. Des évêques qui ont besoin d'échanger des expériences, sur un sujet souvent encore tabou.

De nombreux thèmes, comme les viols des handicapés ou les traitements des victimes d'abus et des prédateurs, ont été abordés de manière directe.

Consignes claires

Depuis mai dernier, les épiscopats du monde entier se sont vu ordonner par la Congrégation vaticane pour la doctrine de la foi de mettre au point, en l'espace d'un an, des dispositifs de lutte contre la pédophilie en conformité avec les exigences de Rome et de collaborer avec la justice civile.

Ce symposium, organisée par l'Université jésuite, est une étape pour aider les conférences épiscopales à tenir ce délai, en leur fournissant des directives claires et des informations.

Mgr Luis Chito Tagle, archevêque de Manille, a reconnu jeudi que les conférences épiscopales d'Asie n'avaient pas encore mis en place les nouvelles dispositions, qu'elles se heurtaient parfois à des difficultés et que certains évêques n'étaient pas suffisamment motivés.

Quand ils sont peu nombreux, par exemple au Laos et au Cambodge, ils ne sont simplement pas en mesure de répondre rapidement aux consignes du Vatican, a-t-il observé.

Tolérée culturellement

Le journal du Saint-Siège, l'«Osservatore Romano», a souligné le rôle du symposium pour faire tomber la culture du silence. «La justice est synonyme de vérité. Et la détermination des faits, la reconnaissance des responsabilités, la demande de pardon sont les fondements d'un parcours de réconciliation que l'Eglise entend suivre avec détermination», a commenté le quotidien du Vatican.

Aussi bien un expert brésilien que l'archevêque de Manille ont expliqué que les directives du Vatican pouvaient être mal comprises par les prêtres et fidèles sur place. Selon le professeur Edenio Valle, psychologue qui conseille les évêques brésiliens, ils «ne savent pas ce qui doit être fait» contre la pédophilie, «davantage tolérée culturellement».

«Aucune mesure ou procédure efficace n'est prévue par l'Eglise brésilienne (la plus grande du monde) à court, moyen ou long termes», selon M. Valle.

Le problème du célibat

Mgr Tagle a relevé qu'en Asie en général, une culture de la «honte» empêchait les victimes et leurs familles de parler des abus pédophiles. Devant la presse, le prélat de 54 ans, nommé fin 2011 archevêque du plus grand diocèse d'Asie, a expliqué qu'une victime n'irait pas souvent exposer son cas devant la justice, et s'adresserait de préférence à l'Eglise.

Une autre réaction courante est la réticence à la dénonciation: «Un père doit-il livrer son fils?», est une réaction que l'on entend parmi les évêques, quand il s'agit de dénoncer un prêtre fautif, a-t- il confié.

Selon Mgr Tagle, le célibat imposé aux prêtres dans l'Eglise catholique devrait être mieux expliqué, reconnaissant implicitement qu'il pose problème.

«Certains pensent que le célibat est seulement une règle qu'une Eglise conservatrice a décidé d'observer pour la seule raison de la tradition, d'autres en font le responsable de toutes les mauvaises conduites sexuelles», a-t-il regretté. (ats)

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