Lausanne: Un élève privé d'école, sa mère crie au scandale
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LausanneUn élève privé d'école, sa mère crie au scandale

Trois semaines après la rentrée, un enfant de 10 ans est privé d'école. La famille est en colère. Le Canton garde le silence.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Jusqu'à cet été, le Lausannois S. (ici avec sa maman) avait des notes à l'école qui oscillaient entre 4 et 5.5.

Jusqu'à cet été, le Lausannois S. (ici avec sa maman) avait des notes à l'école qui oscillaient entre 4 et 5.5.

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Depuis cet été, un élève Vaudois passe bien malgré lui des vacances prolongées. La maman de ce garçon de 10 ans était persuadée qu'il allait, comme ses copains de l'école primaire, poursuivre ses études au collège. Mais trois semaines après la rentrée, S. n'est pas scolarisé. «Je n'ai même pas reçu de notification écrite sur ce qui se passe. C'est par téléphone et par un contact indirect que j'ai appris que le collège le refuse parce qu'il serait violent», proteste la quadragénaire. Contacté, le Canton n'a pas souhaité s'exprimer (lire ci-contre).

«Je subis du racisme à l'école. Des élèves me crachent dessus et me traitent de «sale nègre». C'est à cause de ça que je me bats. On me punit alors que ceux qui m'attaquent sont en classe. J'aimerais aller à l'école comme eux», affirme le jeune métis, les yeux embués. L'aîné de cette famille monoparentale est lui aussi en colère: «Le système est en train de détruire mon frère. Il est affecté par l'injustice qu'il subit», relève l'étudiant de 18 ans.

«Ni un ange ni le diable»

«Mon fils n'est pas un ange, mais ce n'est pas le diable non plus. J'ai l'impression que tout le monde s'en lave les mains. C'est un scandale qu'il passe ses journées à la maison», nous confiait la maman mercredi matin. Curieusement, la situation a évolué quelques heures après. Dans l'après-midi de mercredi, elle a appris que son fils recevrait désormais des cours à domicile. Depuis jeudi, une enseignante vient donner des cours de français et de maths à S. Du provisoire en attendant une solution définitive?

Le Canton: «Nous ne souhaitons pas nous exprimer»

«Je n'ai jamais entendu une histoire pareille! Même, en cas de refus d'enclassement d'un enfant, il doit y avoir un contact entre l'école et les parents. Et l'Etat doit proposer une solution et un accompagnement adapté», a réagi un enseignant et syndicaliste vaudois. Du côté du Département de la formation, c'est quasiment silence radio. «La situation que vous mentionnez est connue et est traitée par les services compétents. Nous ne souhaitons pas nous exprimer, compte tenu de notre devoir de réserve et de la protection de la personnalité de l'enfant.»

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