Actualisé 26.03.2020 à 17:41

Coronavirus à GenèveUn élu débusque des masques hors de prix

La tournée des pharmacies d'un député écologiste a permis de découvrir des protections vendues jusqu'à 50 francs pièce.

de
Maria Pineiro
Certaines pharmacies genevoises vendent des masques à des tarifs exorbitants (image d'illustration).

Certaines pharmacies genevoises vendent des masques à des tarifs exorbitants (image d'illustration).

Keystone/Laurent Gillieron

«Corona masque - 1 pièce: 50 fr.» Ce ticket de caisse de la pharmacie Beau-Rivage aux Pâquis fait actuellement le tour des réseaux sociaux, suscitant des tombereaux de réactions scandalisées. A l'origine de ce «buzz», le député vert Boris Calame qui, à force d'entendre des histoires sur des prix surfaits, a voulu en avoir le coeur net. L'élu a pris son mardi après-midi afin de visiter une trentaine de pharmacies genevoises afin d'y acheter gels hydroalcooliques et masques. Le résultat, sous forme de tableau, a été publié sur Facebook avec les photos des tickets correspondants.

«La majorité des pharmaciens joue le jeu et fait son travail avec bienveillance et empathie, mais j'ai été effaré par les prix pratiqués dans deux établissements. Selon moi, il s'agit d'abus de détresse en cette période de stress intense pour les personnes les plus fragiles», conclut Boris Calame. Outre le prix, il dénonce également le discours anxiogène et sans aucun fondement scientifique de quelques professionnels. «Manifestement, le pharmacien cantonal n'a pas fait son travail», estime-t-il.

Etablissement pour riches

L'UDC Thomas Bläsi, pharmacien indépendant, fustige ces agissements: «C'est totalement inacceptable, les professionnels qui abusent de la situation devront répondre de leurs actes.» Selon lui, l'approvisionnement en masques s'apparente actuellement à «un jeu de l'avion, auquel je refuse de participer». Au téléphone, un membre de l'officine de Beau-Rivage, manifestement déboussolé, se justifie: «Situés à côté d'un hôtel de luxe, nous sommes un établissement pour riches. Aujourd'hui, nous n'avons plus de clients, nous ne vendons plus que quelques masques. C'est une question de survie.»

Choqué par les prix pratiqués dans deux magasins, Boris Calame s'en est ouvert au conseiller d'Etat Mauro Poggia. Le magistrat lui a assuré qu'il donnerait suite à ces signalements. Jeudi après-midi, le directeur de la santé, Adrien Bron a réagi en conférence de presse: «Alertés au sujet de prix intrigants, nous sommes directement intervenus. Nous allons examiner ces cas afin de voir s'ils constituent des infractions pénales telles qu'escroquerie et usure.»

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