Actualisé 05.05.2020 à 09:00

Lausanne

Un élu habitué aux affaires pédophiles

Un représentant de l’UDC est poursuivi pour des attouchements sur une fille de 8 ans et infraction à la loi fédérale sur les étrangers.

de
Abdoulaye Ndiaye
L’élu UDC soutient mordicus qu’il n’a jamais touché la fille de 8 ans. Mais la description des faits par l’enfant a été jugée crédible par la procureure. 

«Il n’y a pas de fumée sans feu», a martelé à plusieurs reprises la procureure Nathalie Pilloud, lundi au tribunal d’arrondissement de Lausanne. Elle a requis une peine de 30 mois de prison contre un retraité suisse accusé d’attouchements sur la fille de son ancienne compagne. Les faits auraient eu lieu début 2017, peu de temps après que l’enfant a rejoint sa maman en Suisse. La victime présumée était alors âgée de 8 ans. Selon elle, celui qui était alors son beau-père était nu sur un fauteuil et lui avait demandé de toucher «l’endroit pour faire pipi qui a comme deux œufs vers le bas». La fillette aurait refusé. L’homme se serait alors relevé pour poser sa main sous les habits de la fille en lui touchant la poitrine. Quand l’enfant a raconté la scène à sa mère, celle-ci ne l’a pas cru. La fille s’est alors confiée à des proches de sa famille. Le prévenu lui aurait fait subir plusieurs attouchements sexuels. Finalement, la mère a porté plainte en mars 2017.

Maman de la victime et Spj absents

Curieusement, attendue pour un débat contradictoire avec son ex-compagnon, la maman de la victime ne s’est pas présentée au Tribunal lundi. Autre absence remarquée, celle du Service de la protection de la jeunesse dont une représentante était pourtant convoquée.

L’accusé, un élu UDC qui siège dans un Législatif communal vaudois, nie tout. «Je n’ai jamais touché la gamine», a-t-il répété plusieurs fois. Mais, depuis 1968, il a été empêtré dans plusieurs affaires de pédophilie. «On ne définit pas un homme par son passé», a balayé son défenseur, Me Mathias Micsiz. Avocate et curatrice de la victime présumée, Me Coralie Devaud a réclamé un montant de 3’000 francs pour tort moral. La défense, elle, soutient l’innocence du prévenu et a réclamé une indemnité de 3’400 francs pour sa détention préventive.

Un mariage qui suscite des doutes

En février 2017, alors qu’il vivait encore sous le même toit que la victime présumée et la maman de celle-ci, le prévenu a engagé une procédure de mariage avec une autre femme étrangère. Union qui a permis à cette dernière d’obtenir un titre de séjour en Suisse. Mari et femme ne partagent pas le même toit et ont 22 ans d’écart. L’accusé est ainsi poursuivi pour infraction à la loi sur les étrangers. Le verdict sera rendu par écrit prochainement.

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