Lausanne: Un élu socialiste jugé pour captation de suffrages

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LausanneUn élu socialiste jugé pour captation de suffrages

Plus d'une centaine de bulletins de votes auraient été trafiqués, en 2016, lors des élections locales à Renens. Et ils auraient tous profité au même candidat.

par
Christian Humbert
L'élu jugé mardi conteste avoir fait le forcing auprès des électeurs pour pousser sa candidature.

L'élu jugé mardi conteste avoir fait le forcing auprès des électeurs pour pousser sa candidature.

24heures/Francesca Palazzi

Les dernières élections communales de Renens (VD) se sont rejouées mardi devant le tribunal de police de Lausanne. Contre toute attente, un ancien cadre du parti socialiste (PS) et du conseil communal local avait été largement biffé des listes, lors du scrutin de 2016. D'autres de ses camarades avaient aussi subi d'étranges coups de crayon sur des listes où le nom de A.K., conseiller communal aux racines kurdes, bénéficiait pour sa part d'un courant trop favorable pour ne pas paraître suspect.

Cent-vingt bulletins, trafiqués en sa faveur selon le même modèle, ont été retenus par le procureur Christian Buffat. Car ces votes ont eu des conséquences: des élus sortants sont restés sur le carreau. Et si A.K. a été exclu du parti, il a ensuite été réintégré, ce qui a conduit à des démissions et à une grave crise interne.

«Grave atteinte à la volonté populaire»

Risquant une amende de 1500 francs pour captation de suffrages, A.K. a refusé de porter le chapeau. Il a contesté avoir fait le forcing auprès des communautés étrangères, dont la sienne, pour pousser sa candidature, au détriment de quelques camarades qu'il détestait. Face à l'absence de preuves concrètes et d'aveux, son avocate, Me Antonella Cereghetti, a soutenu l'acquittement.

De son côté, le procureur s'est appuyé sur une série de suspicions et d'accusations, portées non seulement par des dignitaires du PS mais aussi par l'ancienne syndique Marianne Huguenin. Agé de 54 ans, A.K. est le seul à avoir profité de la magouille, «une grave atteinte portée à la volonté populaire».

Candidat malheureux au Grand Conseil, le prévenu s'était aussi opposé avec vigueur à ses camarades, toujours les mêmes, désignés comme observateurs électoraux: ils avaient l'oeil et repéraient trop facilement les bulletins litigieux.

Elu avec plus de voix que de votants?

Selon le procureur, A.K. a été élu à la présidence des Jardins familiaux avec plus de voix que de membres. Mensonges que tout cela, s'est défendu l'accusé, soutenu par un ancien élu municipal popiste, qui estime que le succès d'A.K. est lié à son activisme sur le terrain.

Le jugement tombera jeudi.

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