Session parlementaire - Un élu vaudois veut sensibiliser le public aux trottinettes électriques
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Session parlementaire Un élu vaudois veut sensibiliser le public aux trottinettes électriques

Le conseiller national Jacques Nicolet demande au Conseil fédéral de lancer un programme d’information et de prévention sur les règles d’utilisation, trop souvent méconnues, de ces véhicules.

par
Christine Talos

Toujours plus de Suisses optent pour une trottinette électrique. Maniables, légères et écologiques, elles séduisent leurs utilisateurs du fait qu’elles ne nécessitent pas de place de parc et permettent de gagner du temps. Corollaire: leur essor s’accompagne d’une forte hausse du nombre d’accidents et de blessés. Ainsi, selon l’OFS, ces engins ont causé l’an dernier 209 accidents qui ont fait près de 200 blessés, parfois grièvement. Deux personnes sont même décédées. En 2019, on ne comptait «que» 90 blessés.

Ces chiffres alarment le conseiller national Jacques Nicolet (UDC/VD). L’élu vient de déposer une interpellation à ce sujet auprès du Conseil fédéral. Il lui demande de mettre sur pied un programme d’information et de sensibilisation national sur l’utilisation des trottinettes électriques et gyropodes (par exemple les Segway) dans le trafic.

«Alors que la législation sur l’utilisation de ce type de véhicules semble claire, il n’est pas rare de les croiser sur nos routes, trottoirs, bandes cyclables ou passages piétons, causant quelques frayeurs et petits incidents à certains usagers ou piétons», explique-t-il. Du coup, selon lui, il faut préciser et rappeler les règles d’utilisation tant aux utilisateurs qu’à un public plus large.

Une «véritable méconnaissance»

«Pour moi, il y a une véritable méconnaissance de tout le monde sur la place des trottinettes électriques dans le trafic. Les usagers de la route ne savent pas où elles doivent rouler et elles vont parfois très vite», explique-t-il. Et de citer l’exemple d’un chauffeur de bus qui s’en est pris verbalement à une personne qui roulait avec un tel véhicule sur la chaussée dans l’agglomération lausannoise. «Pourtant, celle-ci était dans son droit», souligne l’élu.

Jacques Nicolet demande donc au Conseil fédéral s’il est envisageable de mettre sur pied un programme d’information et de sensibilisation national. «C’est mieux qu’un système de sanctions et de répression.» Il demande aussi si la législation sur les e-trottinettes est actuellement suffisante. «Je laisse la question ouverte car à mon avis, on pourrait aussi légiférer sur la vitesse grandissante de ces véhicules, voire sur les modes de protection, le port du casque obligatoire par exemple», souligne le Vaudois.

Règles et usages des e-trottinettes

À noter que seules des trottinettes électriques roulant au maximum à 20 km/h sont autorisées en Suisse et la plupart des véhicules vendus sont donc bridés. Mais on trouve facilement, dans le commerce en ligne notamment, des engins qui filent à 45, voire 60 km/h. Ces véhicules ne nécessitent pas de plaques d’immatriculation ni de permis de conduire. L’âge minimal est fixé à 14 ans. Les jeunes de moins de 16 ans ne peuvent toutefois circuler avec que s’ils sont titulaires du permis de vélomoteur (permis M).

Une trottinette électrique est soumise aux mêmes règles que les vélos. Cela signifie qu’avec un tel engin, il faut utiliser les pistes et bandes cyclables, à défaut circuler sur la route. Il est uniquement possible de rouler sur le trottoir lorsque c’est aussi autorisé pour les vélos, rappelle le Bureau de prévention des accidents (BPA). Sinon, comme pour les cyclistes, les conducteurs doivent descendre de leur véhicule pour circuler sur un trottoir ou traverser sur un passage piéton.

Le BPA recommande aux usagers de se protéger avec un casque (même s’il n’est pas obligatoire) et, selon l’engin, de porter des protège-poignets, coudières et genouillères. Il préconise aussi de porter des vêtements clairs, des accessoires réfléchissants ou une lampe portable, afin d’être bien visible dans le trafic.

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