Actualisé 23.01.2018 à 10:36

Genève

Un élu veut construire des écoles suisses en France

Le maire de Saint-Julien (F) propose que les enfants des frontaliers puissent suivre le cursus scolaire romand près de chez eux. Niet du Canton.

de
Maria Pineiro
Certaines communes, comme Bardonnex (GE), estiment ne plus pouvoir faire face à l'augmentation du nombre d'élèves frontaliers dans leurs écoles primaires.

Certaines communes, comme Bardonnex (GE), estiment ne plus pouvoir faire face à l'augmentation du nombre d'élèves frontaliers dans leurs écoles primaires.

jef

La question de la scolarisation des enfants des frontaliers agite les esprits des deux côtés de la frontière. Alors que le Canton veut limiter leur nombre dans les écoles genevoises pour des raisons d'économie, le maire de Saint-Julien-en-Genevois (F) propose de construire des établissements genevois en France. «Les terrains sont moins chers, les coûts de construction également. Des enseignants français pourraient dispenser les cours suivant le programme scolaire en vigueur à Genève», a exposé Antoine Vielliard sur Léman bleu.

L'élu s'insurge de la récente décision du Canton. Selon lui, les collectivités de France voisine «n'ont pas les moyens de financer la scolarisation des citoyens et contribuables suisses.» La rétrocession d'une partie de l'impôt des frontaliers à leur commune de résidence «ne suffit pas à couvrir les frais».

Le Canton du bout du lac doit assumer ses responsabilités, poursuit le maire. «Genève ne peut pas chasser ses habitants en France, car elle ne construit pas assez, et exclure ensuite leurs enfants de ses écoles», tonne Antoine Vielliard.

Exemple de l'Education nationale

A titre d'exemple, le maire de Saint-Julien précise que lui-même a suivi une scolarité française dans le Canton de Genève. En effet, le ministère français de l'Education nationale a homologué un établissement au bout du lac. Celui-ci permet aux enfants de suivre l'école maternelle et primaire. Il en coûte 5000 fr. par année aux petits Français et 6000 fr. aux autres.

Le Département de l'instruction publique n'a pas souhaité réagir sur le principe d'une école genevoise sur territoire français. Par email, il indique que cette question relève de la problématique du Grand Genève «et, donc, des instances ad'hoc». Le DIP renvoie au Département présidentiel.

280 millions de francs

Pour le président du Conseil d'Etat, le PLR François Longchamp, la rétrocession des fonds frontaliers, 282 millions de francs pour 2016, couvre déjà ces besoins. «Les collectivités frontalières mettent notamment ces sommes au service des écoles. Le Canton de Genève n'a donc pas à financer d'établissements scolaires en France voisine en sus.»

La rétrocession des fonds frontaliers n'est pas sujette à débat au sein du Comité régional franco-genevois (CFRG), poursuit le président. «Il n'y a pas de remise en question de l'accord de 1973 qui régit ces fonds par nos partenaires français. Il est équilibré, raisonnable et bien réfléchi», insiste François Longchamp.

Le président du gouvernement genevois invite donc Antoine Vielliard à s'adresser aux autorités françaises compétentes en la matière pour discuter ce qu'il considère être un problème franco-français.

Après des semaines de silence, le Département de l'instruction publique est sorti de sa réserve. Sur la chaîne de télévision genevoise, la Conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta a expliqué que cette limitation interviendra uniquement dès 2019 alors que le président du Conseil d'Etat, François Longchamp, annonçait une mise en application dès la rentrée prochaine. La cheffe du DIP a également sous-entendu que selon la composition du futur gouvernement cela pourrait ne pas se faire.

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