Pétrole russe : Un embargo «ne créerait pas de problème d'approvisionnement en Suisse» 
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Pétrole russe Un embargo «ne créerait pas de problème d'approvisionnement en Suisse» 

L'UE veut interdire progressivement les importations de pétrole russe, même si Budapest s'oppose à la proposition «dans sa forme actuelle». L'impact serait toutefois limité pour la Suisse.

La Commission européenne a proposé mercredi, d’interdire progressivement l’achat de pétrole russe. 

La Commission européenne a proposé mercredi, d’interdire progressivement l’achat de pétrole russe. 

REUTERS

L’Union européenne va intensifier sa pression sur Moscou avec une interdiction progressive des importations de «tout le pétrole russe, brut et raffiné, transporté par mer et par oléoduc», a annoncé mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

La proposition a été transmise dans la nuit de mardi à mercredi, aux États membres appelés à la valider. Elle doit être approuvée à l’unanimité. «Ce ne sera pas facile», a reconnu la présidente de l’exécutif européen. Mais «Poutine doit payer le prix fort pour sa brutale agression» en Ukraine, a-t-elle affirmé sous les applaudissements. «Nous ne pouvons pas garantir dans cette situation qu’il n’y aura pas de perturbations» dans les approvisionnements en pétrole en Allemagne, a reconnu le ministre allemand de l’Énergie, Robert Habeck. 

Impact limité en Suisse

«Pratiquement aucun pétrole brut russe n'arrive à la raffinerie de Cressier», la seule de Suisse, rappelle Martin Stucky, responsable communication chez Avenergy Suisse. Mais du pétrole russe est importé «indirectement et représente environ 10% des produits raffinés.» Selon l'expert, la Suisse est «dans une situation privilégiée vu qu'il n'y aura pas de problème d'approvisionnement, même si les prix pourraient être amenés à augmenter.»

Mesure progressive 

L’arrêt des importations de pétrole par l'UE sera «progressif et ordonné, de manière à mettre en place d’autres voies d’approvisionnement et réduire au minimum l’impact (de cette décision) sur les marchés mondiaux», a affirmé Ursula von der Leyen. «L’UE devrait renoncer aux livraisons de brut dans les six mois et de produits raffinés d’ici la fin de l’année.» Bruxelles a déjà décidé de cesser ses achats de charbon et trouvé d’autres fournisseurs aux États-Unis pour un tiers de ses achats de gaz russe

Dérogation

Plusieurs pays sont «fortement dépendants», a reconnu la présidente de la Commission. Une dérogation est proposée pour permettre à la Hongrie et à la Slovaquie de poursuivre leurs achats à la Russie jusqu’à fin 2023, car ces deux pays sont enclavés et totalement dépendants des livraisons russes faute de connexions avec le reste de l’UE, selon des responsables européens.

Unanimité requise

«Chaque nouveau paquet de sanctions contre la Russie est plus difficile à adopter car il impose des choix politiques à chaque État membre. L’unanimité est nécessaire et rien n’est garanti pour son adoption», a souligné un des responsables européens. Signe de la difficulté de trouver un accord, la Hongrie a rejeté mercredi la proposition «dans sa forme actuelle», jugeant qu’une telle mesure «détruirait complètement la sécurité énergétique» du pays. Car le délai d’un an ne suffit pas, selon Budapest.

«Ce n’est pas une question de manque de volonté politique ou de calendrier, mais simplement la réalité physique, géographique et des infrastructures», a insisté le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto.

Important fournisseur 

En 2021, la Russie a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l’UE. Elle fournit annuellement 150 milliards de m3 de gaz. Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, les importations européennes de gaz, pétrole et charbon ont rapporté 44 milliards d’euros au Kremlin, indique une étude du Crea, centre de réflexion basé en Finlande. Les quatre principaux acheteurs sont l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la France.

(afp/reg)

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