Affaire Cassez au Mexique : Un émissaire de Hollande fait polémique
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Affaire Cassez au Mexique Un émissaire de Hollande fait polémique

Une polémique enfle entre la gauche et la droite alors qu'un émissaire de François Hollande se rend au Mexique pour «réparer le climat» après l'affaire Florence Cassez.

Cette Française de 37 ans, arrêtée en 2005, a été condamnée par la justice mexicaine à 60 ans de prison pour des enlèvements qu'elle a toujours nié avoir commis.

Cette Française de 37 ans, arrêtée en 2005, a été condamnée par la justice mexicaine à 60 ans de prison pour des enlèvements qu'elle a toujours nié avoir commis.

L'envoi d'un émissaire de François Hollande au Mexique a donné lieu samedi à une polémique entre Nicolas Sarkozy et le camp du candidat socialiste à la présidentielle, obligé de corriger le tir après les accusations d'«instrumentalisation» de l'affaire Florence Cassez.

«J'espère que l'initiative des socialistes ne portera pas préjudice à Florence, que j'ai au téléphone très régulièrement et qui mérite mieux que d'être utilisée d'une façon aussi basse», a déclaré samedi après-midi le président Nicolas Sarkozy.

Dans la nuit, le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici, avait confirmé à l'AFP que l'ex-ministre socialiste Michel Vauzelle se rendait au Mexique à partir de samedi pour «réparer le climat» entre la France et le Mexique après l'affaire Florence Cassez.

Enlèvements

Cette Française de 37 ans, arrêtée en 2005, a été condamnée par la justice mexicaine à 60 ans de prison pour des enlèvements qu'elle a toujours nié avoir commis.

«Il ne s'agit en aucun cas de s'immiscer dans cette affaire», avait souligné M. Moscovici, précisant que l'émissaire de François Hollande allait aussi, dans l'hypothèse de sa victoire au second tour de la présidentielle le 6 mai, préparer le sommet du G20 organisé au Mexique les 18 et 19 juin.

Mais samedi, à huit jours du premier tour de l'élection présidentielle, l'équipe de campagne de M. Hollande, largement favori dans les sondages, a dû démentir toute «initiative parallèle politique ou diplomatique» dans l'affaire Cassez, après les réactions indignées de la droite, emboîtant le pas à la famille et à l'avocat de la prisonnière.

«Aucune initiative parallèle, directe ou indirecte, politique ou diplomatique n'a été engagée», a assuré au nom du camp Hollande le député socialiste Frédéric Cuvillier, pour qui «ce déplacement ne saurait donc laisser place à une interprétation malheureuse ou partisane».

Consensus national rompu

«Il semblerait qu'il y ait un rétropédalage de l'équipe Hollande. Tant mieux», s'est félicité l'avocat Me Frank Berton, qui avait dénoncé dans un premier temps une «initiative totalement électoraliste».

La porte-parole du candidat Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, encore plus virulente, a reproché à M. Hollande de «rompre un consensus national» sur ce dossier dans lequel M. Sarkozy s'est fortement impliqué, et de «prendre le risque de mettre à mal cinq ans d'efforts diplomatiques intenses qui ont commencé à porter leurs fruits».

Parlant de «bévue diplomatique préoccupante», elle a jugé qu'à une semaine du premier tour le candidat socialiste était «prêt à toutes les indécences pour l'emporter», et inventait «des stratagèmes à des fins personnelles qui ont pour seul effet de mettre en danger la vie de nos concitoyens».

Instrumentalisation

Même tonalité chez le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, «scandalisé», qui a dénoncé samedi «une instrumentalisation politique et électorale» de la situation de Florence Cassez.

Michel Vauzelle lui-même a évoqué un déplacement de quatre jours prévu «uniquement pour des raisons diplomatiques et de politique internationale».

Il s'agit de «restaurer» confiance et dialogue entre Paris et Mexico dont les relations ont souffert de l'affaire Cassez, avec, par exemple, l'annulation en 2011 de l'année du Mexique en France, a-t-il rappelé à l'AFP.

Rejet de libération

Le 21 mars, la première chambre de la Cour suprême du Mexique avait rejeté une proposition de libération immédiate de Florence Cassez, une décision qui avait beaucoup déçu en France.

Le président Nicolas Sarkozy s'est beaucoup investi dans ce dossier, recevant à l'Elysée la famille de la prisonnière plus de dix fois depuis 2008.

La France «se bat toujours pour que ses compatriotes», quoi «qu'ils aient fait, reviennent en France», expliquait encore début mars le chef de l'Etat. (afp)

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