Actualisé 17.01.2013 à 12:52

Otages en Algérie

Un employé témoigne: «C'était effroyable»

Sous couvert d'anonymat, un travailleur algérien du site BP, en Algérie, témoigne de la prise d'otages survenue mercredi et des premières heures qui ont suivi. Un Français a aussi pu être joint.

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«Il devait être 5h40 lorsque des individus armés ont fait irruption dans la base-vie.» L'homme s'est confié au «Soir d'Algérie». Cet employé du complexe de traitement du gaz naturel a raconté comment s'est déroulé la prise d'otages du site algérien du consortium British Petroleum, Statoil et Sonatrach, à Tiguentourine, mercredi à l'aube. La base a été plongée dans le noir par les terroristes dès leur arrivée. Les preneurs d'otages sont entrés dans les chambres, avant de regrouper tout le monde dans la cour. «C'était effroyable.»

Toujours selon cette source, les terroristes, aux accents tunisien, libyen et égyptien, ont ensuite séparé les Algériens des étrangers durant une partie de la matinée.

Unité de traitement visée

Mais la base-vie n'était pas seule visée par les islamistes. En parallèle, ils ont également mené diverses opérations contre l'unité de traitement, située à 5 kilomètres. Ce qui accréditerait la thèse d'une opération planifiée, selon le «Soir d'Algérie».

Le bus servant à la relève du personnel a ainsi été braqué par un autre groupe armé, vers 5h40. Les échanges de tirs entre terroristes et sécurité auraient fait des victimes, selon cette source. Un Anglais a d'ailleurs perdu la vie durant les faits, a confirmé le gouvernement britannique, jeudi.

Une voiture-bélier a également servi à pénétrer sur le site de l'unité de traitement, avant que les terroristes ne minent les lieux.

Des Algériens libérés

Durant la journée de mercredi, les preneurs d'otages ont libéré une partie des travailleurs Algériens, dont le témoin des faits. «Ils nous ont précisé (...) qu'ils étaient surtout intéressés par les ressortissants étrangers.»

Ce témoin estime à quelque 500 Algériens et une centaine d'étrangers les personnes encore aux mains des islamistes sur le complexe gazier. Une liste de revendications devrait parvenir au gouvernement algérien, selon lui.

«Nous sommes bien traités»

Un Français de 52 ans a pu être joint par «Sud Ouest». Cet employé chargé de la restauration est retenu en otages avec 34 autres sur la base-vie d'In Amenas. «Nous sommes bien traités», estime-t-il. D'après son témoignage, «les ravisseurs demandent à la France d'intervenir auprès de l'Algérie pour que ses forces armées ne prennent pas le site d'assaut».

Le groupe armé se revendique d'Al Qaïda et appartiendrait à la brigade de Khaled Aboul Abbas, alias Mokhtar Belmokhtar, selon Liberté.

Quinze otages s'échappent

Des otages étrangers seraient parvenus à fuir le site gazier de Tiguentourine, en Algérie. Ils seraient au nombre de quinze, dont un couple de Français, selon une information de la chaîne privée algérienne Ennahar. Trente employés algériens ont également pu s'enfuir, jeudi.

Un hélicoptère bombarde le site

Un preneur d'otages a affirmé à l'Agence de presse mauritanienne ANI qu'un hélicoptère algérien bombardait le site gazier de Tiguentourine, jeudi.

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