Attentats du 13 novembre - Un enquêteur raconte: «Un écrou était au niveau du poumon»
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Attentats du 13 novembreUn enquêteur raconte: «Un écrou était au niveau du poumon»

Jeudi, lors du procès des attaques survenues à Paris le 13 novembre 2015, la justice a auditionné les enquêteurs arrivés sur les lieux après les faits.

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’étendra jusqu’en 2022.

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’étendra jusqu’en 2022.

AFP

«La victime était face contre terre, les vêtements maculés de sang»… D’une voix posée, un enquêteur est revenu en détail, jeudi, devant la cour d’assises spéciale de Paris, sur ce qu’il a découvert devant le Stade de France le soir du 13 novembre 2015.

Cette première victime des attentats qui ont semé la terreur à Saint-Denis et à Paris jusqu’au bout de cette nuit meurtrière, était Manuel Colaço Dias, 63 ans, un chauffeur d’autocar portugais venu déposer des supporteurs qui allaient assister au match de foot France-Allemagne.

Onze écrous dans le corps

Pas moins de onze écrous, projetés par la ceinture explosive du kamikaze, seront prélevés sur son corps. «Un écrou était au niveau du poumon», précise l’ancien chef de groupe de la section antiterroriste de la Brigade criminelle de Paris, dans une salle d’audience muette. Manuel Colaço Dias est rapidement identifié. «La victime était porteuse d’une alliance, avec une gravure à l’intérieur», dit l’enquêteur.

Des photos sont projetées dans la salle d’audience. Le corps du kamikaze qui s’est fait exploser à 21h16 près de la porte D du Stade de France et celui, à quelques mètres, de Manuel Colaço Dias sont masqués par des rectangles blancs. Dans le box, Salah Abdeslam, bras croisés, semble impassible et tourne rarement la tête vers l’écran.

En partie déchiqueté

L’enquêteur, arrivé sur les lieux à 23h20, deux heures après la première explosion retrace de façon quasi clinique les constatations faites sur place. Le corps du premier kamikaze est en partie déchiqueté. «La jambe gauche a été arrachée, mais est toujours reliée au corps par les restes de vêtement, le bras gauche est manquant», relate l’enquêteur. La police retrouve sur lui un passeport syrien. «Notre idée était de l’identifier au plus vite», dit l’enquêteur.

La tâche va s’avérer difficile. «Contre la grille du stade porte D, nous allons découvrir un os, une main, des morceaux d’os, une partie de corps qui pourrait s’apparenter à un bras et des morceaux de chair humaine», poursuit l’enquêteur.

«Disloqué»

Un second kamikaze s’est fait exploser à 21h20 devant la porte H. «Le kamikaze a été disloqué par l’explosion et des fragments de son corps sont retrouvés un peu partout», indique l’enquêteur. La troisième explosion aura lieu à 21h53, au sud-est du Stade de France, à proximité d’un restaurant McDonald’s.

Deux des kamikazes portaient des survêtements du club allemand du Bayern. Un des avocats de la défense voudrait savoir «si en fait, ils ne visaient pas des supporteurs allemands?». La question laisse sans voix l’enquêteur. «On a eu une revendication par la suite qui laisse peu de doute», intervient le président Jean-Louis Périès.

L’organisation État islamique avait revendiqué les attaques, en écrivant qu’elles prenaient «pour cible la capitale des abominations et de la perversion, celle qui porte la bannière de la croix en Europe, PARIS.»

Une cinquantaine de parties civiles

D’autres enquêteurs sont attendus en fin d’après-midi pour parler des attaques qui ont ravagé plus tard des terrasses de bars et restaurants au cœur de Paris, faisant 39 morts. Des enquêteurs évoqueront la tuerie du Bataclan vendredi. Des vidéos et des bandes audios devraient être diffusées à l’audience.

Jeudi, seules une cinquantaine de parties civiles étaient présentes dans la salle d’audience. Cent trente personnes avaient été tuées et plus de 350 blessées lors des attaques de Paris et Saint-Denis.

(AFP)

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