TOKYO 2020 - Un entraîneur blesse son athlète à coups de bambou
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TOKYO 2020Un entraîneur blesse son athlète à coups de bambou

Le directeur technique de la fédération japonaise de karaté a démissionné après avoir violenté une ex-championne du monde, en pleine préparation pour les Jeux.

L’ex-championne du monde Ayumi Uekusa (à droite) a subi des insultes répétées de la part du dirigeant japonais. 

L’ex-championne du monde Ayumi Uekusa (à droite) a subi des insultes répétées de la part du dirigeant japonais.

AFP

Le directeur technique de la Fédération japonaise de karaté a annoncé mardi son intention de démissionner, après avoir blessé à l’entraînement une de ses élèves qui préparait les Jeux olympiques de Tokyo, qui l’accuse également d’insultes répétées. Masao Kagawa, directeur technique et entraîneur de karaté a déclaré au quotidien Nikkan Sports qu’il démissionnait après avoir blessé l’ancienne championne du monde 2016 Ayumi Uekusa lors d’un exercice à l’entraînement.

La version de la karatéka de 28 ans est beaucoup plus détaillée: celle qui doit participer aux prochains JO de Tokyo (23 juillet – 8 août) dans la catégorie des moins de 61 kg kumite, a affirmé que son coach l’avait frappée au visage avec une épée en bambou, et lui hurlait régulièrement dessus tout en critiquant sa vie privée lors de leurs sessions d’entraînements.

Une épée en bambou

Uekusa a expliqué que ces méthodes lui avaient infligée un niveau de stress insupportable et avaient dégradé sa confiance en elle, l’empêchant de continuer à s’entraîner.

Kagawa a admis avoir utilisé une épée en bambou dans le cadre de l’entraînement d’Uekusa, dans le but de la forcer à esquiver ses coups. Il a affirmé n’avoir jamais cherché à la blesser intentionnellement, mais a reconnu sa responsabilité dans la «rupture de confiance» avec la sportive.

Uekusa et Kagawa ont témoigné devant une commission d’éthique de la fédération la semaine dernière. Les officiels ont pu constater la blessure à l’oeil et les méthodes d’entraînement «très dangereuses» du directeur technique, promettant qu’une sanction serait décidée. «Je prends toute la responsabilité», a déclaré Kagawa à Nikkan Sports. «Afin de clore rapidement l’affaire, je démissionne de toutes mes fonctions à la Fédération japonaise de karaté.»

Des larmes quotidiennes

«Voir mon instructeur était devenu tellement dur qu’éclater en larmes sur le chemin du dojo faisait partie de mon quotidien», avait écrit Uekusa sur son blog le 28 mars. «L’entraînement était devenu un environnement si étouffant, et le stress tellement élevé, qu’il y avait des moments où je ne pouvais pas y aller et je restais simplement à la maison.»

Cette nouvelle affaire de harcèlement et abus de position qui éclabousse le sport japonais en rappelle une autre: en 2018 la fédération de lutte du pays avait présenté ses excuses à la quadruple championne olympique Kaori Icho à la suite d’allégations d’intimidation.

(AFP)

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