Suisse: Un entretien personnel pour mieux intégrer les nouveaux étrangers
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SuisseUn entretien personnel pour mieux intégrer les nouveaux étrangers

La communication et l'information doivent être renforcées pour améliorer l'intégration des étrangers.

A cette fin, le Conseil fédéral verrait d'un bon oeil que leurs droits et devoirs soient expliqués à tous les nouveaux arrivants lors d'un entretien personnel.

Cette proposition ressort du rapport adopté vendredi par le gouvernement en réponse à des motions issues du PLR et du PS. Chaque immigré, indépendamment de son origine, serait renseigné à cette occasion sur les attentes de la Suisse à son égard et sur ses perspectives.

Une telle rencontre s'inscrit aussi dans le souci d'identifier rapidement les risques potentiels en matière d'intégration et d'y remédier de manière ciblée si nécessaire. Le Conseil fédéral estime par ailleurs que cette mesure - baptisée «prime information» - constituerait une réponse à la libre circulation des personnes avec l'UE, montrée du doigt dans le sillage de la crise et de la hausse du chômage.

Autres pistes d'amélioration: renforcer la perception de l'intégration comme une tâche concernant tous les acteurs et tous les domaines, et confier «un rôle stratégique actif» à la Confédération.

Davantage d'argent

Pour soutenir ces efforts, le gouvernement est prêt à mettre la main au porte-monnaie. La Confédération va donc dépenser entre 15 et 20 millions de francs supplémentaires à partir de 2014, pour autant que les cantons cofinancent les coûts.

Le Conseil fédéral veut poursuivre dans la voie actuelle, à savoir trouver un équilibre entre encouragement et exigences. La responsabilité personnelle des étrangers demeure le fondement de la politique d'intégration. Le cas échéant, les autorités doivent conclure une convention d'intégration avec le migrant ou lui soumettre des recommandations.

La question de savoir par quel moyen donner une assise juridique accrue à l'intégration n'est pas encore tranchée. Le collège ne s'est pas encore prononcé sur l'opportunité d'insérer les dispositions idoines dans les différentes lois existantes ou dans une loi-cadre, que les libéraux-radicaux appellent de leurs voeux.

Reste que le gouvernement juge disproportionné de fixer des exigences générales en matière d'intégration applicables à toute la population résidante comme réclamé par certains. S'y ajouteraient des problèmes au niveau des sanctions. La législation actuelle, notamment dans le domaine de l'aide sociale et des assurances, prévoit déjà des mesures contre les personnes qui refusent de fournir des efforts pour s'insérer professionnellement.

Sur plusieurs fronts

La ministre de la justice a déjà annoncé son intention de mieux tenir compte du degré d'intégration parallèlement à l'initiative populaire de l'UDC pour le renvoi des criminels étrangers. Sa proposition de contre-projet prévoit ainsi de limiter l'octroi d'une autorisation d'établissement aux personnes bien intégrées.

Les connaissances linguistiques doivent revêtir une grande importance, tout comme l'adhésion aux valeurs fondamentales de la constitution et la volonté de participer à la vie économique et d'acquérir une formation. Ces conditions vaudront aussi pour le regroupement familial. L'intégration et l'apprentissage d'une langue gagneront également du poids dans la révision de la loi sur la nationalité.

(ats)

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