Mobilité: Un étudiant imagine un train au fond du Léman
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MobilitéUn étudiant imagine un train au fond du Léman

Inspirée par Swissmetro et Hyperloop, l'EPFL présente une idée
de tunnel immergé entre Genève et Lausanne.

par
Pauline Rumpf
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Le tube serait fixé sur des piliers ancrés au fond de leau.

Le tube serait fixé sur des piliers ancrés au fond de leau.

Le tracé utilisé par Elia Notari pour son travail.

Le tracé utilisé par Elia Notari pour son travail.

Une coupe du tube montrant l'intérieur, avec un train de chaque côté.

Une coupe du tube montrant l'intérieur, avec un train de chaque côté.

Un trajet de dix minutes pour relier Lausanne à Genève? Les pendulaires en rêvent, un étudiant de l'EPFL l'a calculé, dans le cadre d'un travail de master. Comme un pavé dans la mare lémanique, Elia Notari a tenté de ressusciter l'idée de feu Swissmetro: créer un train qui «lévite» grâce à des aimants, lui permettant de filer dans un vide partiel à près de 500 km/h... mais cette fois, au fond du Léman. Ce «pont submergé» serait composé d'un tube de 15 m de diamètre, posé à 30 m de profondeur sur des piliers en béton armé.

Des projets, mais pas de réalisation

Des projets du même type existent au Japon, en Norvège ou en Allemagne, mais aucun n'a (encore) été réalisé. Des données comparables existent grâce aux plateformes pétrolières et aux parcs éoliens offshore. «Je ne crois pas que ce soit complètement utopique, nous avons les connaissances pour le faire, mais une telle réalisation demande du courage», estime le Tessinois. «Cette solution est techniquement réalisable», confirme son professeur, Aurelio Muttoni, dans un communiqué.

Désormais ingénieur en génie civil, Elia Notari s'en est toutefois tenu à l'étude des structures; le contexte politique, les enjeux environnementaux ou encore sécuritaires ne sont pas de son ressort. «C'est l'avantage de l'académique que de pouvoir approfondir des idées qui paraissent folles», analyse le jeune homme. Et son tuteur de conclure que le Léman peut encore compter des années de tranquillité.

«Une belle étude, trop chère à réaliser»

Bon connaisseur du sujet, le professeur honoraire de l'EPFL Marcel Jufer estime qu'il s'agit d'une «très belle étude de génie civil». Ayant travaillé sur Swissmetro (projet abandonné en 2002) et suivant de près les essais romands liés à l'Hyperloop d'Elon Musk, il voit toutefois ici quelques obstacles, comme celui du coût. «C'est trop cher, impossible d'être rentable sur une ligne comme Lausanne-Genève.» Toutefois, la solidité de l'ouvrage et sa faisabilité lui semblent réalistes.

Sécurité à revoir

«J'ai dimensionné mon projet pour que la structure résiste même à une grave inondation, explique Elia Notari. Par contre, pour les occupants, c'est une autre histoire...» La sécurité est le point qui reste à éclaircir.

«Il faudrait compartimenter le tunnel pour bloquer les fuites, confirme Marcel Jufer (lire ci-dessous). Et trouver comment évacuer les voyageurs. S'ils sont coincés, par exemple suite à une panne, il y a 30km à parcourir...»

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