Actualisé 02.02.2015 à 14:20

SuisseUn ex-conseiller national UDC accusé de racisme

Ulrich Schlüer se serait rendu coupable de discrimination raciale.

Le Zurichois comparaît lundi en première instance pour avoir traité sur Internet des requérants d'asile palestiniens de «rebut» et de «misérable ramassis de bagarreurs beuglant comme des animaux».

Ces déclarations draconiennes faisaient suite à une altercation ayant mis aux prises ces demandeurs d'asile dans leur foyer d'accueil de Flaach (ZH), lieu de domicile du septuagénaire. Elles avaient été publiées en juillet 2012 dans le bulletin en ligne de l'association «sifa - Sicherheit für alle» («Sécurité pour tous»), dont Ulrich Schlüer est le directeur.

Un particulier a déposé plainte contre l'ancien député, à la suite de quoi le Ministère public a ouvert une procédure. Le procureur réclame une peine pécuniaire avec sursis de 28 jours-amende à 100 francs, ainsi qu'une amende de 800 francs. Il reproche à M. Schlüer, 70 ans, d'avoir réduit le peuple palestinien à un niveau inférieur à d'autres, et ce de façon dédaigneuse et dégradante.

La défense est d'un tout autre avis. L'avocat Valentin Landmann compte requérir l'acquittement devant le Tribunal de district d'Andelfingen (ZH), arguant que les déclarations de son client ne se sont rapportées qu'aux bagarreurs et non à un peuple dans son ensemble. (ats)

Schlüer nie les faits

L'ancien conseiller national UDC Ulrich Schlüer nie avoir dénigré l'ensemble du peuple palestinien. Le Zurichois n'a visé dans ses écrits que des individus brutaux et violents, a-t-il affirmé lundi au cours de son procès en première instance pour discrimination raciale.

Il s'est contenté de décrire la réalité, ce qui doit être autorisé. En outre, l'ancien député s'est défendu d'être raciste. Et de rappeler qu'il a côtoyé fréquemment et intensivement des étrangers durant ses 40 ans d'activités officielles. Malgré les problèmes considérables que cela lui a valus, il a toujours cherché des solutions.

D'ailleurs, dans le cas de cette bagarre entre requérants d'asile palestiniens, Ulrich Schlüer affirme qu'il s'est préoccupé des deux ou trois petits enfants vivant dans le foyer d'accueil, et a veillé à ce qu'ils ne soient pas blessés. Ces bambins étaient eux aussi étrangers. «C'est si je ne m'étais pas soucié d'eux que j'aurais été raciste».

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