Grande-Bretagne: Un ex d'UBS jugé coupable dans l'affaire du Libor
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Grande-BretagneUn ex d'UBS jugé coupable dans l'affaire du Libor

L'homme, âgé de 35 ans, aurait été la tête pensante de tout le stratagème monté pour manipuler les taux du Libor portant sur le yen, à l'époque où il travaillait à Tokyo.

Tom Hayes risque jusqu'à 10 ans de prison.

Tom Hayes risque jusqu'à 10 ans de prison.

Un ex-courtier des banques UBS et Citigroup, Tom Hayes, a été reconnu coupable lundi par un tribunal britannique d'avoir manipulé le taux de référence interbancaire Libor, une première dans cette affaire qui a coûté des milliards aux banques et entaché leur réputation.

Tom Hayes, 35 ans, a été reconnu coupable par le tribunal de Southwark, à Londres. Sa peine sera déterminée ultérieurement: il risque jusqu'à 10 ans de prison.

«Tête pensante» du stratagème

L'ancien courtier faisait face à huit chefs d'inculpation et était accusé d'avoir été la tête pensante de la manipulation, motivée par la «cupidité».

D'après l'Office britannique de lutte contre la délinquance financière (SFO), Tom Hayes avait orchestré, de septembre 2006 à septembre 2010, un système de collusion avec des traders des banques suisse UBS et américaine Citigroup, mais aussi avec ceux d'autres établissements, afin d'influencer à leur avantage le niveau du Libor.

Manipuler était «monnaie courante»

Pour se défendre, l'ex-courtier avait expliqué que la manipulation du taux était «monnaie courante» dans l'industrie financière. Dans une prise de position citée par Reuters, le No 1 bancaire suisse se distancie de son ancien trader: «UBS n'a pas été partie prenante dans cette affaire», souligne la banque.

Le Libor est un taux interbancaire fixé à Londres qui sert de référence pour de nombreux produits financiers, du compte épargne le plus classique au produit dérivé complexe, en passant par les emprunts immobiliers, les crédits à la consommation, les prêts aux entreprises et aux autorités publiques. Il concerne des centaines de milliers de milliards de dollars de transactions par an à travers le monde.

Ce taux est décliné en plusieurs monnaies et les faits reprochés à Tom Hayes concernaient le Libor appliqué aux transactions en yen, à la fixation duquel le courtier participait en temps qu'employé d'UBS, puis de Citigroup, à Tokyo.

Scandale révélé en 2012

Le scandale du Libor, qui a touché de nombreux grands établissement financiers, avait éclaté au grand jour en 2012 lorsque la banque britannique Barclays avait révélé qu'elle devait payer 290 millions de livres sterling pour mettre fin à des enquêtes au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

(afp)

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