Yverdon (VD): Un ex-flic accuse la police de céder au délit de faciès
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Yverdon (VD)Un ex-flic accuse la police de céder au délit de faciès

Deux agents lausannois sont soupçonnés d'abus d'autorité et de lésions simples à l'égard d'un Eythréen, âgé de 16 ans au moment des faits, en 2006.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye

Bis repetita! «L'affaire K.», du nom d'un jeune qui accuse deux policiers lausannois de bavure, est repartie pour un tour. Marqué par des acquittements, des recours et de nouveaux jugements, ce feuilleton juridique entamé en 2006 a connu un nouvel épisode hier, à Yverdon. A la suite d'une décision du Tribunal fédéral ordonnant un nouveau jugement. Les deux agents de la police de Lausanne sont accusés d'abus d'autorité pour l'un et de lésions simples pour l'autre.

L'Erythréen, né en 1989, les accuse de l'avoir abandonné dans les bois de Sauvebelin, en plein hiver, à l'aube et après l'avoir aspergé avec un spray au poivre. Mineur, il était connu pour ses incivilités. Il a aussi reconnu avoir insulté les policiers.

Témoignage accablant

Entendu comme témoin, un ancien flic dit avoir entendu, au poste, que ses collègues s'étaient arrangés pour faire converger leurs déclarations. Il a par la suite fait un témoi­gnage qui accable la police de Lausanne. «Des Africains et des ressortissants de l'ex-Yougoslavie étaient emmenés en forêt, où ils étaient lâchés. Les policiers leur donnaient des coups de poing ou utilisaient un spray au poivre. On appelait ça «le bonus». Je n'en suis pas fier, mais j'ai participé à de telles pratiques. Que ça plaise ou pas, je dis la vérité.» Le procès se poursuit jusqu'à vendredi.

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