Actualisé 04.04.2008 à 12:30

Un ex-patron de l'UBS veut démanteler la direction

Luqman Arnold fait pression sur les dirigeants de la première banque suisse. L'ancien patron de l'UBS veut que la banque change de stratégie

Dans une lettre envoyée vendredi, il demande au vice-président Sergio Marchionne une entrevue avant l'assemblée générale du 23 avril. C'est ce qu'a annoncé sa société d'investissements Olivant, dont il est le président.

La société du Britannique Luqman Arnold affirme détenir 0,7% du capital de la banque. «Si nous apprécions et soutenions plusieurs décisions prise par le conseil de surveillance en début de semaine, certains problèmes fondamentaux demeurent», explique-t-il dans un communiqué. «En saisissant cette opportunité de résoudre ces difficultés, nous pensons qu'il sera possible de récupérer une valeur significative pour l'actionnaire, étant donné la haute qualité des métiers et de la marque d'UBS comme de la plupart de ses collaborateurs».

Pour l'ancien directeur de l'UBS, «il y a un besoin urgent d'instaurer une direction efficace et appropriée à la tête du conseil de surveillance d'UBS, d'établir une gouvernance adaptée, de développer une réflexion avancée sur les besoins futurs en capital, d'élaborer une stratégie plus claire et mieux ciblée, et de procéder à une révision fondamentale de la discipline de gestion du risque ainsi qu'à une communication plus ouverte et transparente à la fois avec le marché et en interne».

Le 26 avril 2001, Luqman Arnold prenait la direction de l'UBS, le même jour où Marcel Ospel accédait à la présidence du conseil d'administration. Le Britannique était auparavant responsable des finances de la banque. Il ne devait rester que huit mois à la direction, quittant abruptement ses fonctions le 18 décembre suivant. Le conseil d'administration avait alors évoqué des divergences d'opinions. Quelques jours plus tard, Marcel Ospel avait précisé qu'il s'agissait moins d'une question de personne que d'une certaine culture.

Les raisons du remplacement brutal de Luqman Arnold par Peter Wuffli n'ont jamais été publiées officiellement. Selon le journaliste Dirk Schütz, biographe d'Ospel, c'est une véritable lutte pour le pouvoir qui se jouait à la tête de la grande banque. Le directeur s'était opposé au président du conseil d'administration lors de la recapitalisation de la société qui devait succéder à la défunte compagnie aérienne Swissair.

Le nom de Luqman Arnold a été évoqué ces derniers mois comme un possible successeur à Marcel Ospel. Dans un entretien publié dans «Sonntag» le 17 février dernier, le Britannique a cependant exclu un retour à l'UBS. (ap)

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