Nyon (VD): Un ex-prof pédophile demande sa libération
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Nyon (VD)Un ex-prof pédophile demande sa libération

Entre 2010 et 2011, cet enseignant français de 63 ans avait abusé de trois enfants. C'est un récidiviste.

En 1993, l'homme avait déjà été condamné en Guyane française pour des faits à caractère pédophile. (Photo d'illustration)

En 1993, l'homme avait déjà été condamné en Guyane française pour des faits à caractère pédophile. (Photo d'illustration)

Keystone

Le Tribunal d'arrondissement de La Côte à Nyon (VD) a examiné mercredi la demande de libération conditionnelle d'un pédophile de 63 ans. En 2013, l'enseignant avait écopé de neuf ans de réclusion et d'un internement pour avoir abusé d'enfants dans un établissement spécialisé.

Le Français, qui enseignait dans une école pour enfants en difficultés de La Côte, a été condamné pour actes d'ordre sexuels sur mineurs, contrainte sexuelle et pornographie. Entre 2010 et 2011, il avait abusé de trois enfants, dont deux ont été sodomisés et un troisième victime d'attouchements. Il a toujours nié les faits reprochés. En 1993, il avait déjà été condamné en Guyane française pour attentat à la pudeur.

Laver ses péchés

Si de légères avancées ont été constatées après six ans de thérapie, celle-ci peut encore durer des années, voire des dizaines d'années. On est encore très loin d'une véritable remise en question, a constaté son thérapeute mercredi devant la Cour criminelle. Quant à ses pulsions, ce sont la prière et sa foi religieuse qui lui permettent de les écarter.

Devant les juges, le condamné a admis sa pédophilie et expliqué ses déviances par la trahison d'une fiancée. Cela l'a amené à essayer de retrouver les émotions de sa première expérience homosexuelle. Il s'est alors tourné vers des rapports tarifés avec des jeunes qui se prostituaient en Guyane et au Pérou où il a vécu entre 1984 et 1990 et de 1993 à 2000.

Questionné sur son évolution, l'homme a déclaré en essuyant une larme que la prison lui avait fait le plus grand bien et lui avait donné l'opportunité de se laver de ses péchés. Il y a rencontré la foi et s'adonne à la prière. «J'ai modelé ma vie sur celle d'un monastère».

Monastère au Pérou

L'homme a réaffirmé ne pas avoir touché les trois enfants. Mais il prie pour eux, car ils ont été manipulés. En Guyane, il dit avoir été victime d'une machination politique. Le sexagénaire a cependant admis pour la première fois avoir téléchargé des images pédopornographiques dans le but d'y trouver du plaisir. Lors de son procès qui s'était déroulé à huis clos, il avait déclaré effectuer une «enquête sociologique».

Quant à ses pulsions, «c'est arrivé que j'y pense, mais j'ai lutté. Je ne me suis pas masturbé une seule fois depuis que je suis en prison», a-t-il lancé, évoquant un changement total d'existence. Son souhait à sa sortie? Rentrer dans un monastère au Pérou.

Pronostic sombre

Pour le procureur Sébastien Fetter, «le pronostic se révèle très sombre» et les critères pour une libération conditionnelle ne sont pas remplis. La prison a émis un préavis défavorable, en raison notamment d'un comportement solitaire. Un rapport de 2017 mentionne un risque de récidive élevé et la persistance d'une personnalité narcissique et paranoïaque.

Les spécialistes retiennent également une attirance sexuelle toujours présente, des fantasmes envers les enfants et des mécanismes obsessionnels à caractère religieux.« Il n'y a aucune critique, ni remise en question, aucune empathie pour les enfants», a-t-il souligné.

Le projet de monastère au Pérou où il a pu profiter de rapports tarifés est irréaliste. Les impératifs de sécurité publique doivent conduire à ce que le Tribunal refuse cette libération conditionnelle, a-t-il conclu.

Pas de stratégie payante

Pour la défense, le condamné a fait un travail important sur lui-même, sur ses pulsions sexuelles. Il reconnaît les problématiques du passé, il y travaille et se comporte de manière exemplaire en prison, a déclaré son avocat.

L'accomplissement de sa foi montre que sa résilience est probable. De plus, le condamné n'a jamais adopté de stratégie qui viserait à admettre les faits et à souffrir avec les victimes, s'accrochant à sa vérité. Cela aurait pourtant été pour lui le moyen le plus simple et le plus payant, a noté le défenseur.

L'avocat a encore déploré qu'on se base sur une vérité judiciaire et non sur le comportement du sexagénaire. Verdict en fin de semaine. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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