Actualisé 04.07.2013 à 10:11

Afrique du Sud

Un faux air de «Dallas» dans la famille Mandela

Les déchirements des héritiers de Nelson Mandela autour de la localisation des tombes de ses trois enfants décédés ne sont que le dernier épisode d'une série de frasques de la célèbre famille qui atterrent les Sud-Africains depuis quelques années.

«Rappelez-vous que le nom de Mandela ne doit pas servir qu'à faire de l'argent.» «Tout ça est tout simplement dégueulasse.» «C'est un manque de respect à la dignité» du grand homme... Les quotidiens publient ces derniers jours des courriers agacés de leurs lecteurs.

Alors que le héros de la lutte antiapartheid et premier président noir du pays se trouve entre la vie et la mort dans un hôpital de Pretoria, sa famille se dispute au grand jour sur une histoire sordide.

La télévision diffuse des images de Mandela

Au coeur de la querelle se trouvent les dépouilles de ses trois enfants morts en 1948, 1969 et 2005 et initialement enterrés dans le village de Qunu (sud), où Nelson Mandela a passé les plus belles années de son enfance et où il souhaite être enterré.

Un mémorial à la gloire de Mandela

En 2011, l'aîné de ses petits-fils, Mandla, les a transférés vers le village natal de son grand-père, Mvezo, à une trentaine de kilomètres. Chef traditionnel de cette localité, il y porte un projet grandiose de site touristique avec un mémorial à la gloire de son aïeul.

Mais le reste de la famille ne l'entend pas de cette oreille et quinze de ses membres ont saisi la justice pour le forcer – avec succès – à rendre les corps. «Mandla est devenu le JR Ewing de la famille Mandela», ironisait mercredi l'éditorialiste du site «Daily Maverick», en référence à l'antihéros de la série américaine Dallas.

Mandla, 39 ans, avait déjà défrayé la chronique en raison de ses démêlés conjugaux ou avec ses voisins. Elu député depuis 2009, sous l'étiquette de l'ANC, le mouvement pour lequel a lutté son grand-père, il n'a en revanche pas brillé par ses prises de position politique.

Utilisation commerciale du nom contrôlée

Autre Mandela au Parlement: l'ex-épouse du héros national, Winnie Madikizela-Mandela, a également eu maille à partir avec la justice pour des exactions commises par ses gardes du corps dans les années 1980, puis pour fraude en 2003.

Le reste de la famille, qui compte trois filles, dix-sept petits-enfants et douze arrière-petits-enfants, avait d'abord construit sa vie loin de la politique et des médias. Mais depuis la dernière apparition publique de leur patriarche, en 2010, certains ont pris des libertés avec ses consignes.

Alors que Nelson Mandela a toujours strictement contrôlé l'utilisation commerciale de son nom en la limitant à des fins caritatives, quatre de ses petits-enfants ont créé en 2010 la marque de vêtement LWTF Clothing. L'acronyme fait référence à l'autobiographie du grand homme «Long Walk to Freedom» («Un long chemin vers la liberté») et leurs tee-shirts n'hésitent pas à afficher son portrait ou sa signature.

Plus récemment, c'est Makaziwe, l'aînée de ses enfants, qui s'est lancée dans les affaires, en commercialisant des vins sous l'étiquette «House of Mandela» avec sa fille Tukwini.

Téléréalité

Egalement en décalage avec l'image du Nobel de la paix, deux de ses petites-filles ont participé récemment à une émission de téléréalité, intitulée «Being a Mandela», dans laquelle elles évoquent leurs histoires de femmes bien nées.

D'autres n'ont pas apprécié que sa fille Zenani soit nommée ambassadrice en Argentine alors qu'elle n'a aucune expérience dans la diplomatie.

Moins anecdotique, Zenani et sa demi-soeur Makaziwe ont récemment intenté une action en justice pour obtenir l'éviction de trois proches de leur père de la direction de fonds d'investissement qui gère la fortune familiale.

Les deux femmes accusent notamment la star du barreau George Bizos - un ami qui a défendu Mandela sous l'apartheid - d'être entré en force, avec deux autres proches de Mandela, dans les affaires de la famille.

Les trois hommes mis en cause ont rappelé à la cour que Mandela «ne voulait pas qu'elles se mêlent de ses affaires». En jeu: environ 1,7 million de dollars accumulés par l'icône mondiale du pardon grâce à la vente de son autobiographie, d'oeuvres d'art avec l'empreinte de sa main ou son matricule de prisonnier 46664. (afp)

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