Littérature: Un favori, mais tout reste ouvert pour le Goncourt
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LittératureUn favori, mais tout reste ouvert pour le Goncourt

Le plus prestigieux des prix littéraires français sera attribué mardi. Le Franco-tunisien Hédi Kaddour pourrait l'emporter.

Hédi Kaddour a déjà remporté le Grand Prix du roman de l'Académie française pour son roman «Les Prépondérants», ex aequo avec l'Algérien Boualem Sansal.

Hédi Kaddour a déjà remporté le Grand Prix du roman de l'Académie française pour son roman «Les Prépondérants», ex aequo avec l'Algérien Boualem Sansal.

L'écrivain franco-tunisien Hédi Kaddour part favori pour remporter mardi le Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires français. Faire la course en tête peut toutefois se révéler un handicap, l'Académie Goncourt aimant créer la surprise.

Le nom du successeur de Lydie Salvayre sera annoncé vers 11h45 (12h45 en Suisse) au restaurant Drouant à Paris dans une bruyante bousculade, loin du monde feutré des belles lettres.

Outre Hédi Kaddour et son roman «Les prépondérants» (Gallimard), les autres finalistes sont Mathias Enard, auteur de «Boussole» (Actes Sud), Tobie Nathan pour «Ce pays qui te ressemble» (Stock) et Nathalie Azoulai, la seule femme du groupe, avec «Titus n'aimait pas Bérénice» (POL).

«Le choix est très ouvert. On choisit avec notre coeur et notre choix n'est pas forcément le choix de tous», a déclaré l'écrivain Philippe Claudel, un des dix jurés du Goncourt. «L'Orient domine la sélection car même Racine, au coeur du roman de Nathalie Azoulai, a pris son inspiration en Orient pour certaines de ses pièces», ajoute-t-il. Un autre juré, Régis Debray, a confié en début de semaine que ce prix devait faire «à la fois honneur à la littérature et rendre service à la librairie».

Autrement dit, un Goncourt se doit de plaire au plus grand nombre. L'an dernier, Lydie Salvayre avait vendu à peine plus de 2000 exemplaires de «Faut pas pleurer» entre fin août et fin octobre. Selon Le Seuil, son éditeur, 400'000 exemplaires ont été écoulés à ce jour.

Récompensé trop tôt?

Au jeu des pronostics, neuf des 16 critiques littéraires interrogés vendredi par l'hebdomadaire spécialisé Livres Hebdo s'attendent à voir Hédi Kaddour récompensé.

Chronique d'un monde en train de sombrer, «Les prépondérants» est une fresque implacable d'une société coloniale figée des années 1920 en Afrique du Nord. Le roman figure aussi dans la sélection des prix Femina (attribué mercredi) et Medicis (décerné jeudi).

Un des handicaps de Kaddour (70 ans), Goncourt du premier roman en 2005 pour «Waltenberg» (Gallimard), est peut-être d'avoir été récompensé trop tôt. L'écrivain a en effet reçu jeudi le grand prix du roman de l'Académie française, ex-aequo avec le romancier algérien Boualem Sansal, auteur de «2084» (Gallimard).

Jusqu'à présent, seuls deux écrivains ont reçu la même année le prix de l'Académie française et le Goncourt, le dernier en date étant Jonathan Littell en 2006 pour «Les bienveillantes».

Surprises très possibles

Cela pourrait favoriser Mathias Enard (43 ans), dont 7 des 16 critiques interrogés par Livres Hebdo affirment qu'il «mérite» le prix. En septembre, Mathias Enard a reçu le prix des libraires de Nancy-Le Point. Or, depuis 2013 les lauréats du prix de Nancy ont été récompensés ensuite par le Goncourt.

Roman ambitieux, «Boussole» revient sur ces échanges incessants entre l'Orient à l'Occident, loin des clichés qui brouillent aujourd'hui notre vision de cet ailleurs. Le livre, enfiévré, tient parfois du poème. Les références culturelles innombrables font aussi parfois pencher «Boussole» vers l'essai érudit.

Cette complexité est le bémol qui pourrait empêcher Enard de décrocher le Goncourt, seul prix pour lequel il a été sélectionné. Cela va-t-il ouvrir un boulevard pour les outsiders que sont Nathalie Azoulai et Tobie Nathan? L'an dernier, tout le monde attendait Kamel Daoud et ce fut Lydie Salvayre.

La question du genre

Avec son roman sur l'Egypte de son enfance et la communauté juive du Caire, l'ethnopsychiatre Tobie Nathan (66 ans) livre un roman puissant qui possède toutes les qualités romanesques susceptibles de séduire un large public: soubresauts de l'Histoire, personnages attachants, amour contrarié. Ce livre répond parfaitement à la définition du Goncourt selon Régis Debray.

Erudit sans être pesant, le roman de Nathalie Azoulai (49 ans) est une histoire d'amour déçu d'aujourd'hui à l'ombre du grand Racine. Servi par une écriture sobre et limpide, ce livre est lumineux. Outre le Goncourt, il figure dans les sélections du Femina et du Medicis.

Le Goncourt, parfois accusé de sexisme osera-t-il choisir une femme pour la deuxième année de suite? Réponse mardi. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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