Zoug: Un festival bannit les téléphones portables
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ZougUn festival bannit les téléphones portables

Le Silo Festival de Hünenberg (ZG) propose aux visiteurs de déposer leur natel le temps d'un week-end, pour réapprendre à profiter de l'instant présent.

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pru/jde
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Au Silo Festival de Hünenberg (ZG), qui se tiendra pour la première fois ce week-end, les téléphones portables sont exclus du terrain.

Au Silo Festival de Hünenberg (ZG), qui se tiendra pour la première fois ce week-end, les téléphones portables sont exclus du terrain.

Silo Festival
«C'est déjà bien quand les gens arrivent à se regarder dans les yeux», regrette Pascal Bühler, organisateur du festival.

«C'est déjà bien quand les gens arrivent à se regarder dans les yeux», regrette Pascal Bühler, organisateur du festival.

Silo Festival
«L'interdiction des téléphones portables va permettre à ce festival de bien se démarquer, d'alimenter la conversation, et d'attirer l'attention sur l'événement», analyse un expert des médias sociaux.

«L'interdiction des téléphones portables va permettre à ce festival de bien se démarquer, d'alimenter la conversation, et d'attirer l'attention sur l'événement», analyse un expert des médias sociaux.

Silo Festival

Les smartphones sont aussi utiles que désagréables dans les festivals. Certes, ils permettent de se retrouver et de recevoir des informations via l'application souvent créée pour l'événement. Toutefois, les festivaliers regardent généralement une bonne partie du concert à travers leur écran, gâchant un peu l'instant présent, pour eux-mêmes et leurs voisins de derrière.

«Profitez des impressions et des gens autour de vous, sans interférence», propose donc le petit festival zougois Silo, qui a décidé de faire de son terrain une zone sans téléphones. «Nous voulons vous montrer qu'on peut encore fonctionner sans portable, directement de personne à personne, comme avant», expliquent les organisateurs sur leur site.

Application stricte

«Avec les smartphones, on a perdu une grande partie de l'esprit festival» affirme Pascal Bühler, un des responsables de la fête. «C'est déjà bien quand les gens arrivent à se regarder dans les yeux.» Lui-même musicien, il raconte qu'il est très désagréable de jouer devant une foule absorbée par son écran de téléphone.

L'interdiction sera rappelée avant l'entrée, avec la possibilité de déposer son appareil dans une consigne. Les organisateurs seront très stricts: «Si on voit un festivalier avec son natel, on lui donnera un avertissement. Mais s'il ne le range pas à ce moment-là, selon nous, c'est qu'il s'est trompé d'endroit», tranche Pascal Bühler. Le ton est donné, pour un festival dont le mot d'ordre vestimentaire est «hippie moderne».

Stratégie marketing

Pour Manuel Nappo, expert des médias sociaux, il s'agit là d'une bonne stratégie de vente. «L'interdiction des téléphones portables va permettre à ce festival de bien se démarquer, d'alimenter la conversation, et d'attirer l'attention sur l'événement», analyse-t-il. Toutefois, le spécialiste est curieux de voir comment cette règle sera reçue par les jeunes. «Il est probable que ceux qui ne veulent pas lâcher leur portable choisissent plutôt de renoncer au festival.»

Pour éviter cet écueil, Nappo est plutôt partisan de faire de l'idée un argument publicitaire, non obligatoire. «Ceux qui auront réussi à passer le week-end déconnectés pourraient gagner une rencontre avec un groupe, ou un billet pour le prochain festival.»

Pas applicable à grande échelle

L'initiative du Silo Festival n'est pas près d'être appliquée par les grands festivals régionaux. Du côté de Paléo, «ce n'est pas à l'ordre du jour, tant le portable fait partie du quotidien de chacun.» Même son de cloche au Montreux Jazz, où «plutôt qu'un principe d'interdiction, nous préférons travailler avec de nouveaux outils, pour que la technologie apporte une valeur ajoutée à l'expérience du festivalier».

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