Actualisé 01.05.2011 à 21:08

Crise en LibyeUn fils de Kadhafi a été tué

Mouammar Kadhafi a survécu samedi soir à un raid de l'Otan à Tripoli dans lequel ont péri son plus jeune fils, Saïf al Arab, et trois de ses petits-enfants.

Mouammar Kadhafi a échappé à une frappe aérienne de l'OTAN qui a tué un de ses fils et trois de ses petits- enfants dans la nuit de samedi à dimanche à Tripoli, selon le régime.

Celui-ci a dénoncé une tentative d'assassinat du dirigeant libyen, qui a pour sa part réitéré son refus de quitter le pouvoir.

L'Alliance atlantique a reconnu avoir frappé «un poste de commandement et de contrôle» dans la zone, mais n'a pas confirmé la mort du fils Kadhafi, corroborée en revanche par le vicaire apostolique de Tripoli, Giovanni Innocenzo Martinelli.

Samedi soir, des frappes de l'OTAN ont également touché Misrata, ville rebelle assiégée depuis deux mois à 200 km à l'est de la capitale. Elles n'ont pas empêché les forces kadhafistes de bombarder violemment le port de la cité, qui était en feu dimanche soir.

La nuit précédente, Moussa Ibrahim, le porte-parole du gouvernement, a annoncé que la maison de Saif al-Arab Mouammar Kadhafi, 29 ans, un des six fils du colonel Kadhafi, avait été «attaquée avec de puissants moyens» qui ont tué le jeune homme et trois petits-enfants du dirigeant libyen.

Il a dénoncé «une opération visant à assassiner directement» Mouammar Kadhafi, ajoutant que «le Guide et sa femme étaient dans la maison» mais n'ont pas été blessés.

Résolution de l'ONU respectée

M. Ibrahim avait auparavant accompagné la presse devant une habitation bombardée à Tripoli. Au vu de l'ampleur des dégâts, il semblait peu vraisemblable que quelqu'un qui se trouvait sur les lieux ait pu survivre.

Le premier ministre britannique David Cameron a assuré que les frappes de l'OTAN étaient «conformes à la résolution de l'ONU».

Du côté de l'OTAN, le général Charles Bouchard, commandant en chef de l'opération, a indiqué que l'organisation regrettait «toute perte de vie», soulignant également que «toutes les cibles de l'OTAN» étaient «de nature militaire».

La Russie a pour sa part dénoncé l'usage «disproportionné» de la force par la coalition, doutant que les frappes de l'OTAN n'aient pas pour cible le dirigeant libyen, alors que l'ONU a annoncé le retrait de son personnel de Tripoli.

Doute à Benghazi

Dans le fief des insurgés, Benghazi, après la liesse des rebelles à l'annonce de la mort du fils du dirigeant, le doute commençait à s'installer dans les esprits quant à la véracité de ces informations.

Dans l'après-midi, la télévision libyenne a diffusé des images de prélats représentant différentes confessions religieuses se recueillant devant quatre corps recouverts de draps. «Les responsables religieux présentent leurs condoléances pour les pertes subies par Mouammar Kadhafi» annonçait la télévision dans un bandeau.

Dimanche également, Londres a décidé d'expulser l'ambassadeur de Libye au Royaume-Uni à la suite d'»attaques contre l'ambassade britannique à Tripoli et d'autres missions diplomatiques étrangères». L'homme s'est vu donner 24 heures pour quitter le pays.

«Jusqu'à la mort»

Le ministre des Affaires étrangères William Hague a précisé que «les attaques contre les missions diplomatiques n'affaibliront pas notre résolution à protéger les populations civiles en Libye».

«La convention de Vienne (sur les représentations diplomatiques) requiert que le régime du colonel Kadhafi protège les missions diplomatiques à Tripoli», a rappelé M. Hague, soulignant qu'il s'agit d'une «nouvelle atteinte à ses obligations internationales».

Rome avait peu auparavant dénoncé des «actes de vandalisme» contre «plusieurs ambassades étrangères à Tripoli dont celles d'Italie». L'Italie, ex-puissance coloniale et jusqu'à récemment partenaire clé du régime libyen, a fait l'objet samedi de menaces directes du colonel Kadhafi de «transférer la bataille» sur son territoire.

Mouammar Kadhafi a aussi répété qu'il ne renoncerait pas au pouvoir et se battrait «jusqu'à la mort». Il a appelé Paris et Washington à négocier une sortie de crise «sans condition». Un appel rejeté par l'OTAN et les rebelles. (ats)

Funérailles lundi

Le fils du dirigeant libyen Seïf al-Arab (29 ans), son petit-fils Seïf (2 ans), fils de Mohammad Kadhafi, sa petite-fille Carthage (2 ans), fille de Hanibal, et une autre petite fille, Mastoura (4 mois), fille de Aïcha Kadhafi, ainsi que leurs amis et voisins, «tous tués dans l'agression de la coalition croisée sur la maison du Guide (Mouammar Kadhafi) dans un quartier de Tripoli, seront enterrés lundi après la prière de midi dans le cimetière des Martyrs d'Al-Hani à Tripoli», a indiqué un communiqué affiché à l'écran.

Seïf al-Arab n'occupait pas de poste officiel connu. Mouammar Kadhafi avait déjà perdu une fille adoptive en 1986 lors d'un bombardement américain à Tripoli.

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