Genève: Un flou inquiétant règne sur la situation du Servette
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GenèveUn flou inquiétant règne sur la situation du Servette

Le club de football «grenat», en cessation de paiement, dit garder espoir mais n'esquisse pas de solutions détaillées. L'État, lui, a répondu sèchement au SFC.

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David Ramseyer/jef/jpw

«Nous avons toujours un avenir brillant devant nous», a affirmé, la mine grave, le directeur général du Servette FC Julian Jenkins, ce mercredi en ouvrant le point presse du club, à qui il manquerait 4,5 millions de francs pour finir la saison. Nouvelle banqueroute en vue? «On ne parle pas de faillite mais de solutions», rétorque le président Hugh Quennec. Au-delà des déclarations, qu'a-t-on appris de concret sur la situation de Servette? Pas grand-chose, en vérité.

Des solutions non détaillées

Le trou financier est sérieux mais c'est un «problème de liquidité à court terme» seulement, affirme le club. Selon lui, des solutions seraient à l'étude auprès de partenaires privés et des fournisseurs. «Les contacts sont positifs»; on n'en saura pas plus.

Un sauvetage pourrait-il aussi passer par les offres de rachat qu'a reçu Servette? Hugh Quennec ne nie pas leur existence. Mais il ne les acceptera que si elles garantissent la continuité de son projet basé sur une forte identité genevoise et tourné vers la formation. Ce qui ne semble pas avoir été le cas jusqu'ici. Le président dit vouloir privilégier les partenaires locaux. Qui par exemple ? Mystère.

«Poisson d'avril»

Reste surtout, selon le club, la piste du canton à qui Servette réclame 6 millions de fr. de remboursement pour l'entretien du stade. «Nous avons cru à un poisson d'avril», a ironisé ce mercredi le président du Conseil d'Etat. François Longchamp affirme que le club est «un locataire qui ne paie pas son loyer et ne peut réclamer le remboursement de travaux qu'il n'aurait pas effectué.» Servette soutient que les factures d'électricité ou d'entretien de la pelouse arrivent bien au club. Poker menteur? Et de la part de qui?

Concernant ce dossier, le SFC a envoyé un courrier formel aux autorités et à la Fondation du stade, mardi. Hugh Quenec est en tout cas clair: l'enceinte de la Praille, pas encore finie et trop grande, serait le principal coupable des déboires du club, lequel n'aurait pas à assumer les coûts engendrés par le contrat ubuesque signé jadis entre la Fondation et le fantasmagorique président Majid Pishyar.

Un public au rendez-vous?

«Soyons honnête, nos performances en matière commerciale et publicitaires ne sont pas brillantes», a aussi avoué Julian Jenkins.

Les Grenats comptent notamment sur leur dernière action, les vidéos amateur du «Servette Community Challenge», pour récolter des fonds. Mais aussi sur une prospection accrue de partenaires. Autre chantier, autre souci pour sauver ce qui peut l'être.

Aujourd'hui, le président n'exclut pas de réduire les ambitions du club si les circonstances financières l'exigent. Et ce alors même que le SFC, qui reçoit Bienne samedi soir à la Praille, est leader de Challenge League. Sans parler d'un secteur formation que tout le pays juge brillant. De quoi mériter une meilleure affluence au stade. Une hausse de la fréquentation est une des bases du succès à long terme de la maison grenat, ont ainsi souligné ses dirigeants.

L'espoir paraît toujours de mise chez Hugh Quennec qui est persuadé que «quand il y a urgence, les choses bougent». Reste à savoir si ce Servette qui semble au bord du gouffre va faire un pas en avant ou en arrière.

Des délais à tenir

Les salaires non payés de mars ne mettent pas encore Servette dans le rouge. Les clubs ont effet 30 jours pour fournir à la Swiss Football League leurs attestations mensuelles de salaires. Le SFC a donc jusqu'à fin avril pour se mettre en conformité. En cas de manquement, la sanction peut aller de l'avertissement au retrait de points. Quant à la licence pour la saison prochaine, la ligue statuera le 27 avril puis à la fin juin en seconde instance.

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