Genève: Un Français à la tête des TPG: premier feu vert
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GenèveUn Français à la tête des TPG: premier feu vert

Le Conseil d'Etat veut que Guy Vibourel, chef de Migros, préside le conseil d'administration des transports publics. La commission des transports dit oui.

par
Jérôme Faas
Guy Vibourel, directeur général de Migros Genève. Le Conseil d'Etat souhaite nommer le Français à la présidence du conseil d'administration des TPG. Mais il y a un hic: la loi actuelle empêche un étranger d'y siéger.

Guy Vibourel, directeur général de Migros Genève. Le Conseil d'Etat souhaite nommer le Français à la présidence du conseil d'administration des TPG. Mais il y a un hic: la loi actuelle empêche un étranger d'y siéger.

Le Français Guy Vibourel, directeur général de Migros Genève, est toujours en course pour la présidence du conseil d'administration des Transports publics genevois (TPG). Mardi soir, les députés de la commission des transports ont préavisé positivement, mais du bout des lèvres, la modification de la loi sur les TPG. Sa version actuelle stipule que seuls les Suisses peuvent siéger dans ce conseil. Le sort de Guy Vibourel, choisi la la conseillère d'Etat verte Michèle Künzler, se jouera maintenant en séance plénière du Grand Conseil le 11 ou le 12 octobre.

«En principe» suisses

Le texte discuté mardi soir prévoit que les administrateurs des TPG soient dorénavant «en principe» suisses. Les débats de la commission ont été très serrés, plusieurs partis étant divisés sur la question, notamment le PLR. D'une part, la méthode utilisée par la magistrate a déplu aux élus. «Jusqu'au dernier moment, on nous a caché que la modification demandée concernait la présidence du conseil, regrette le PLR Alain Meylan (ex-libéral). Madame Künzler ne nous l'a jamais dit. Or, cela change quand même un peu la donne.»

«Ras-le-bol des projets de loi personnalisés»

D'autre part, l'homme juge «très mauvais de changer une loi pour une seule personne.» La socialiste Loly Bolay est exactement du même avis. «J'en ai ras-le-bol que le Conseil d'Etat nous fasse voter des projets de loi très personnalisés. Cela avait déjà été le cas voici deux ans pour que Bernard Gruson puisse rester trois ans de plus à la tête des Hôpitaux universitaires.»

En l'occurrence, le profil de Guy Vibourel, certes français mais parfaitement bien intégré au réseau genevois, a complexifié les débats. Polluer les débats, préfère dire Alain Meylan. «En politique, nous devons mener des discussions dans l'absolu, sur les principes.»

«Une anomalie historique»

Pour son collègue PLR Jacques Jeannerat (ex-radical), «le problème, c'est surtout que ce projet de loi est arrivé très tard. S'il avait pu être discuté en amont, il n'aurait suscité aucun remous». Le député relève par ailleurs que l'obligation d'être suisse au conseil d'administration des TPG est «une anomalie historique. Les autres régies publiques, comme l'aéroport ou les Services industriels, ne prévoient rien de pareil».

Le vote de l'assemblée plénière est loin d'être acquis. «Ca va être un débat fleuve», évalue Loly Bolay. Jacques Jeannerat note d'ailleurs qu'en commission, «si le vote avait eu lieu à bulletin secret, le projet de loi aurait probablement été refusé». Alain Meylan, enfin, pense que «ce sera plus que serré. Tout sera une question de discipline des partis.»

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