Cannabis: Un fumeur sur cinq se fait pincer par la police
Actualisé

CannabisUn fumeur sur cinq se fait pincer par la police

Les amateurs suisses de cannabis ont davantage de problèmes avec les forces de l'ordre que ceux des autres pays, selon la plus grande enquête mondiale sur les drogues.

par
gbr/ofu
Les fumeurs de joints zurichois reçoivent plus souvent une amende que les Bernois et les Bâlois.

Les fumeurs de joints zurichois reçoivent plus souvent une amende que les Bernois et les Bâlois.

Les fumeurs de joints en Suisse se font pincer plus souvent par les forces de l'ordre que ceux de la majorité des 40 autres pays ayant participé au Global Drug Survey (GDS). C'est ce que révèlent les récents résultats du plus grand sondage international jamais réalisé sur les drogues. Près de 19% des Suisses qui affirment consommer régulièrement du cannabis disent avoir eu des problèmes avec la police au cours de l'année écoulée. La moyenne des autres pays s'élève seulement à 13%.

Outre les disparités internationales, il existe aussi certaines différences cantonales. Ainsi, les fumeurs de joints zurichois reçoivent plus souvent une amende que les Bernois et les Bâlois. Cela, alors que la sanction concernant la consommation de cannabis est unifiée dans toute la Suisse depuis octobre 2013 et qu'elle se résume à une amende d'ordre de 100 francs, pour autant que le contrevenant n'ait pas plus de 10g de cannabis sur lui. Cette révision de la loi sur les stupéfiants a pour but d'alléger les tâches de justice et police.

Près de 700 «prunes» à Zurich, 33 à Bâle

Au cours des six derniers mois, la police municipale de Zurich a distribué 689 amendes, écrit le quotidien «Bund». Dans la totalité du canton de Berne - il est impossible d'avoir les chiffres uniquement pour la ville - les agents n'ont émis que 110 prunes durant la même période. A Bâle, seuls 33 amateurs de cannabis ont été amendés. «Ces chiffres montrent que les consommateurs ne semblent pas réaliser que le cannabis est une substance illégale», affirme Alexander Bücheli du réseau Safer Nightlife Suisse, appartenant à la centrale nationale de coordination des addictions de l'Office fédéral de la santé publique. Du côté romand, les agents genevois ont émis 187 amendes. La police de Neuchâtel a elle distribué 150 «prunes».

La raison de ces disparités réside dans le fait que les cantons décident eux-même comment ils souhaitent appliquer la loi. A Bâle et à Berne, seuls les fumeurs de joint sont amendés et la possession de cannabis fait uniquement l'objet d'une dénonciation. A Zurich, Neuchâtel, Fribourg, Vaud, Genève et dans le Jura, en revanche, l'amende est infligée dans les deux cas.

Dépénalisation envisagée

Cette situation pourrait bientôt changer car plusieurs villes suisses étudient actuellement la possibilité de dépénaliser le cannabis. Fin 2013, un groupe de députés genevois inter-partis a proposé une expérience pilote: autoriser pendant trois ans dans le canton de Genève la culture, la distribution et la consommation de cannabis dans le cadre d'associations contrôlées, les «Cannabis Social Club», à l'instar d'une pratique déjà en vigueur en Espagne depuis 2002. Les villes de Berne, Bâle, Zurich et Winterthour (ZH) sont elles aussi très intéressées par ce projet. Une proposition concrète sera publiée en mai. Ce sera ensuite à l'Office fédéral de la santé de se prononcer sur une éventuelle autorisation.

Ton opinion