Freeride: Un funambule valaisan s'offre un final en beauté
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FreerideUn funambule valaisan s'offre un final en beauté

Emilien Badoux a remporté le World Tour en terminant 4e de l'Xtreme de Verbier en snowboard, samedi. Estelle Balet
a elle aussi brillé.

par
Timothée Guillemin
Verbier
Bien qu'ayant terminé au pied du podium à Verbier, le rider sierrois s'est assuré la couronne.

Bien qu'ayant terminé au pied du podium à Verbier, le rider sierrois s'est assuré la couronne.

Il n'a manqué qu'un peu de neige pour que le 19e Xtreme puisse être qualifié de parfait. Le report d'une semaine n'a pas empêché 6000 personnes d'assister au spectacle des 33 athlètes dévalant le Bec-des-Rosses. De quoi asseoir encore la réputation de Verbier comme «Mecque du freeride». Le Canadien Hugo Harrison, chef des juges du Freeride World Tour, s'est enflammé à propos de la station valaisanne: «C'est la meilleure piste que nous ayons sur le circuit, tout simplement.» Verbier tient à demeurer l'ultime étape du World Tour, celle où tout se décide. Ça devrait encore être le cas en 2015.

Les riders valaisans ne s'en plaindront pas: ils finissent la saison devant leurs proches. C'est le cas de la snowboardeuse Estelle Balet, 3e samedi et 2e au classement général final. «Je me suis éclatée comme jamais. J'avais ridé un peu trop prudemment cette saison, mais là je me suis lâchée devant tous mes potes.» Emilien Badoux, le snowboardeur sierrois, en a, lui, tiré le plus grand profit: il a terminé 4e et, surtout, il s'est imposé au général (lire ci-contre).

Un autre Valaisan, Jérémie Heitz, faisait grise mine à côté de tout ce bonheur. Il visait le titre global en ski et a dû se contenter d'une 3e place: «J'ai voulu prendre des risques, sortir un peu de l'ordinaire et ça n'a pas payé. Terminer 6e sur une piste que je connais bien, ça ne correspond vraiment pas à mes attentes. L'an dernier j'ai terminé 4e au général, et cette année je finis 3e. Je vais patienter encore deux ans!»

«Ça ne changera pas mon état d'esprit»

Emilien Badoux, ce sacre mondial va-t-il changer quelque chose à votre vie?

Il peut changer ma carrière d’un point de vue matériel, mais pas mon état d’esprit. Ça fera la 2e année où je peux réellement vivre du snowboard. Avant, je devais bosser 8 mois par an pour me payer mon hiver, que je terminais en déficit. Je vais me faire un ou deux plaisirs avec le prize money: un vélo et un super-appareil photo.

Quatrième sur cet Xtreme. Une petite goutte de déception au milieu d’un océan de bonheur?

Même pas. Ce qui est beau avec ce titre, c’est qu’il me laisse encore des objectifs, dont celui de terminer une fois sur le podium ici, ce qui n’est jamais arrivé. Même si je pouvais faire mieux, gagner le World Tour, c’est déjà énorme!

Que vous a-t-il manqué pour vous imposer?

J’ai commis deux erreurs. La neige coulait sur le dessus et était gelée dessous, ce qui n’est jamais facile à appréhender. Ici, il faut vraiment rider à la perfection. Cette piste t’oblige à donner le meilleur de toi-même.

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