Burundi: Un garçon albinos tué puis démembré
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BurundiUn garçon albinos tué puis démembré

Les autorités pensaient avoir mis fin à ces crimes rituels qui avaient frappé jusqu'ici la province de Ruyigi. Mais un nouveau cas a été déclaré.

«Cinq malfaiteurs ont attaqué le ménage d'une veuve de la colline de Nyabikenke (...) ils ont amené de force un garçon albinos âgé de 14 ans environ puis l'ont tué avant de lui couper les bras et les jambes et de les emporter avec eux», a annoncé à l'AFP Dieudonné Niyonzima, joint par téléphone à Nyamurenza (140 km au nord de Bujumbura), localité de la province de Ngozi (nord), frontalière du Rwanda.

Le président de l'association burundaise Albinos sans frontière, Kassim Kazungu, s'est dit «choqué par ce nouveau meurtre d'albinos».

«Nous pensions que les autorités avaient mis fin à ce genre de pratiques barbares depuis plus d'un an, mais nous nous rendons compte que nous (albinos) sommes en permanence en danger de mort», a-t-il regretté.

«Nous avions cru que le fait que certains assassins d'albinos aient été condamnés en 2009 allait avoir un effet dissuasif (...) nous appelons le pouvoir à plus de sévérité», a-t-il martelé.

Huit personnes accusées au Burundi d'assassinats et tentatives d'assassinats d'albinos ont été condamnées à des peines allant de un an de prison à la perpétuité en juillet 2009.

14 morts recensées

L'ONG canadienne «Under the same sun» (Sous le même soleil) a dénoncé en mai dernier l'assassinat et la mutilation le 2 mai d'une mère de 28 ans et de son fils de quatre ans, tous deux albinos, dans la commune de Cendajuru, près de la frontière tanzanienne, portant à 14 le nombre d'albinos tués au Burundi depuis septembre 2008.

Ces albinos auraient été victimes d'un trafic d'organes vers la Tanzanie voisine où certaines parties de leurs corps serviraient à confectionner des charmes qui apportent la richesse à leurs possesseurs.

Les albinos souffrent d'une maladie génétique caractérisée par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux. Ils sont victimes de discriminations dans de nombreuses régions d'Afrique.

(afp)

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