Actualisé 04.07.2016 à 06:45

Satigny (GE)

Un garde-frontière frappe un jeune homme au visage

L'individu était dans sa voiture après un contrôle. Une enquête va être ouverte.

de
Jérôme Faas
L'homme était assis sanglé dans une auto quand il a été tapé.

L'homme était assis sanglé dans une auto quand il a été tapé.

photo: Kein Anbieter/dr

Le visage en sang de O. ne laisse aucun doute. «Coup il y a eu, blessure il y a eu», déclare Me Razi Abderrahim. Lundi 27 au soir, après un long contrôle douanier, le mécano de 25 ans a été frappé par un garde-frontière alors qu'il était assis dans une voiture. Pour son avocat, «l'abus est manifeste». Informé du cas, le commandant des gardes-frontière a demandé l'ouverture d'une enquête. La procédure étant en cours, le corps ne peut pas faire de commentaires ni donner sa version de l'affaire.

L'incident est survenu à la fin d'une folle journée. En début d'après-midi, O. et deux amis tombent sur un barrage des douanes à la route de Peney. Le conducteur, un fuyard récidiviste recherché notamment pour vol de véhicules, démarre pied au plancher. Une course-poursuite s'enclenche. Quelques kilomètres plus loin, il parque la Mercedes et fuit à pied, seul. Les gardes-frontière cueillent les deux passagers, dont O. «Je ne savais pas que mon ami était recherché», jure-t-il.

Au poste du Pré-de-la-Fontaine, le contrôle se passe bien: «J'ai collaboré. Ils étaient très corrects, surtout le chef.» Ils sont sur le départ quand tout dérape. O. dit avoir téléphoné au fuyard pour l'insulter, excédé par ses frasques. Un agent entend les injures. «Il savait qu'elles ne le visaient pas», insiste O. Il aurait pourtant explosé: «Il m'a tapé plusieurs fois.» Son frère, Tayeb, est révolté: «Même s'il avait insulté un agent, on peut le menotter, le ramener au poste, mais pas le frapper!»

«Si j'avais été méchant, j'aurais compris»

«Si j'avais été méchant avec eux pendant mon audition, j'aurais compris, explique O. Mais j'ai été gentil, je les ai respectés, et là, à la dernière minute, il me tape. Quand il a vu le sang, il m'a dit: casse-toi. Ce qu'il m'a fait, ce n'est pas normal. Je suis décidé à porter plainte.»

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