Actualisé 02.08.2012 à 18:38

Vernier (GE)

Un géant du cinéma veut faire plier la commune

Pathé s'estime lésé par une résolution du Conseil municipal, acceptée fin juin. Il exige son annulation.

de
Raphaël Leroy
Une action syndicale avait eu lieu au printemps 2011 sur le site de Balexert, situé à Vernier.

Une action syndicale avait eu lieu au printemps 2011 sur le site de Balexert, situé à Vernier.

Les élus de la commune verniolane ont reçu le 2 juillet dernier une drôle de lettre. Elle est signée par Pathé et requiert «l'annulation» de la résolution votée par le Conseil municipal le 26 juin dernier, ainsi que le «retrait formel» et la «non-exécution» des trois derniers alinéas du texte.

Action en justice?

Ce dernier s'inscrit dans un conflit, né en mai 2011, entre le groupe de cinémas et le syndicat Unia, qui fustige les conditions de travail des employés et le non-respect des droits syndicaux. Sur cette base, le parlement communal a décidé en juin de «dénoncer les pra­tiques illégales à l'encontre des employés de Pathé Ge­nève Cinémas», et n'hésite pas à parler d'entreprise «voyou».

Des mots qui ont «choqué» la direction du groupe, qui s'es­time «lésé» dans sa réputation et se réserve le droit d'intervenir en justice, sachant que la Chambre des relations collectives de travail réfute les accusations de dumping salarial notamment.

«Un texte voté démocratiquement»

«J'ai été choqué de recevoir ce courrier où un privé de­mande d'annuler un texte voté démocratiquement, admet le président socialiste du Conseil municipal, Denis Chiaradonna. Notre bureau se réunira le 27 août pour trancher, mais en quinze ans de parlement, je n'ai jamais vu le Conseil revenir sur sa décision.»

Unia, lui, préfère ironiser. «C'est le délire du délire, s'exclame le syndicaliste Umberto Bandiera. Pathé re­fuse le dialogue et ne veut toujours pas que nous ayons accès au personnel. Le conflit reste ­pendant.»

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