Marathon: Un Genevois va aider à pulvériser le record
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MarathonUn Genevois va aider à pulvériser le record

Julien Wanders évoque son rôle de lièvre au sein d'un projet marketing visant à descendre sous les deux heures sur le parcours mythique.

par
Simon Vuille
Julien Wanders fait partie de l'équipe qui s'attaquera à la barre des 2 heures sur les 42,195km du marathon.

Julien Wanders fait partie de l'équipe qui s'attaquera à la barre des 2 heures sur les 42,195km du marathon.

Keystone/Martial Trezzini

Julien Wanders déroulera sa foulée sur le circuit automobile de Monza (It), début mai. Comme l'a révélé athle.ch, le grand espoir de l'athlétisme suisse sera l'un des meneurs d'allure qui doivent permettre à Eliud Kipchoge, Lelisa ­Desisa ou Zersenay Tadesse de courir le marathon sous les 2 heures, à l'initiative de l'équipementier Nike.

Un honneur synonyme de jackpot? «Pour tout vous dire, je ne sais même pas combien je vais gagner, répond celui qui a affolé les chronos en ce début de saison. Je ne fais pas ça pour l'argent, mais c'est clair que ça fait bien sur le CV. Partager une expérience avec des coureurs de ce niveau, c'est forcément bénéfique.»

Entre le 6 et le 8 mai, l'équipementier et ses spécialistes météo ont ciblé une fenêtre de trois jours pour lancer les trois candidats dans des conditions optimales. Ces derniers tenteront leur chance sur une boucle de 2,4 kilomètres, qu'ils devront parcourir 17,5 fois.

Une voiture réglera l'allure sous les 2'51'' par kilomètre. «Je ne devrai pas me prendre la tête pour courir à la bonne vitesse, il me suffira de suivre la voiture», explique Wanders, qui ne se fait pas trop de souci pour maintenir le rythme. Il faut dire qu'il sera régulièrement relayé par d'autres lièvres. Son menu? Trois ou quatre ­séquences de deux boucles consécutives (4,8 kilomètres), entrecoupées par des pauses. «Je ne connais pas encore tous les détails du projet», explique-t-il avant de rejoindre l'équipe de la marque à la virgule dès ­dimanche pour finaliser la ­préparation du «Breaking2» en Italie.

«Ce travail de lièvre est comme une compète»

Marco Jäger, entraîneur de Julien Wanders: «Personnellement, je ne suis pas un grand fan du projet de Nike, qui est surtout un exercice marketing. Le sport vit avant tout des duels entre champions. J'aurais préféré voir Eliud Kip­choge défier Kenenisa Bekele au marathon de Londres. Par contre, c'est une source de revenus intéressante pour les athlètes qui ne gagnent plus grand-chose sur la piste. Sur le plan éthique, je trouve qu'on ajoute beaucoup de gadgets qui ont tendance à rendre la performance artificielle. C'est dommage. Avec Julien Wanders, on aborde ce travail de lièvre comme une compétition, nous sommes très prudents sur la préparation. Idéalement, j'aurais préféré que cet événement arrive un peu plus tôt dans la saison mais ça ne chamboule pas son programme. L'objectif principal reste la qualification pour les Mondiaux de Londres sur 5000m. C'est un gros challenge.»

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