Un George W. Bush déjà «has been» en tournée européenne
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Un George W. Bush déjà «has been» en tournée européenne

George W. Bush entame lundi une tournée européenne qui le conduira en Slovénie, en Allemagne, en Italie, en France et au Royaume-Uni.

Après les affrontements sur la guerre en Irak, le chef de la Maison Blanche retrouve des Européens qui ont déjà les yeux tournés vers son successeur.

Si les relations transatlantiques se sont réchauffées à mesure que les Européens ravalaient leur colère à l'égard du conflit irakien, le sentiment anti-Bush reste fort sur le Vieux continent, même si on regarde déjà le président texan dans le rétroviseur.

Comme beaucoup d'Américains, nombre d'Européens sont las de George W. Bush et espèrent que le démocrate Barack Obama ou le républicain John McCain auront des positions différentes de leur prédécesseur -et peut-être plus favorables- sur des questions importantes pour l'Europe.

Le chef de l'exécutif américain achève son second mandat avec un ordre du jour dominé par les dossiers du changement climatique, du processus de paix au Proche-Orient et du commerce mondial.

«Je suis sûr qu'il y aura des manifestations, mais je pense que les Européens considèrent déjà cet homme comme appartenant au passé et sont plus intéressés par ce qui va suivre», analyse James Goldgeier, spécialiste des questions européennes au Conseil des relations étrangères (CFR) à Washington.

«Il n'y a aucune raison qu'on lui donne quoi que ce soit puisqu'il est sur le départ. Sa présidence perd en énergie et se retrouve rattrapée par l'Irak, lui-même est impopulaire et les gens, notamment en Europe, regardent désormais au-delà de lui», ajoute cet expert.

Le président américain sera mardi en Slovénie, mercredi en Allemagne, jeudi en Italie, vendredi au Vatican, samedi en France, dimanche en Grande-Bretagne et lundi en Irlande du Nord, mais attendra toutefois le G-8 d'Okinawa (Japon), du 21 au 23 juillet, pour faire ses adieux aux dirigeants européens.

Cette tournée européenne, essentiellement destinée à préparer le terrain pour son successeur, ne devrait donner à aucune avancée particulière. George W. Bush réclamera l'aide des Européens en Afghanistan et plaidera pour un accroissement des sanctions contre l'Iran pour décourager Téhéran de produire des armes nucléaires. Ses interlocuteurs lui demanderont des engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Il sera aussi question d'aide humanitaire, de crise alimentaire mondiale, de négociations de paix israélo-palestiniennes et d'intégration économique.

S'agissant de ses successeurs potentiels, les Européens connaissent mieux McCain, vieux sénateur habitué de la scène internationale, qu'Obama, nouveau venu à ce niveau. Mais le candidat démocrate suscite la curiosité. Comme le note le «Times» de Londres, sa campagne a «permis à l'Amérique de retrouver foi en sa prodigieuse force de réinvention».

Cette même Amérique a vu son image écornée à l'étranger sous la présidence Bush. Et cela pourrait continuer, même si chacun sait qu'un nouveau président prendra ses fonctions à Washington en janvier.

«Quand le président Bush aura quitté la Maison Blanche, beaucoup en Europe espéreront une lune de miel au-dessus de l'Atlantique. Ils risquent d'être déçus car l'Amérique continuera à privilégier ses propres intérêts, qui n'auront guère changé», avertit Reginald Dale, directeur du programme Europe au Centre des études stratégiques et internationales (CSIS).

Il devrait en être ainsi pour le dossier du nucléaire iranien, le soutien inconditionnel à Israël, l'aide militaire à l'Afghanistan et les négociations commerciales.

Sur le réchauffement climatique, les Européens espèrent un infléchissement qui pourrait ne pas venir, note Dan Price, conseiller à la sécurité nationale chargé des affaires internationales. Selon lui, l'administration Bush a prévenu qu'aucun gouvernement américain ne signerait un traité sur le climat n'exigeant pas des principaux pays émergents des engagements forts en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. (ap)

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