Actualisé 11.02.2019 à 20:26

Employés en colèreUn goût amer autour des dégustations de la Migros

Des salariés ont vu leurs contrats modifiés et perdent des avantages. La société qui les paie a dû faire machine arrière.

de
Yannick Weber
Les employés ont finalement obtenu un sursis dune année.

Les employés ont finalement obtenu un sursis dune année.

Keystone

L'année a commencé de façon compliquée pour les employés en charge des dégustations et promotions dans les magasins Migros. Leurs contrats ont été transférés à société Trade Marketing Intelligence (TMI), nouvellement créée (lire encadré), et les conditions ont en pris un coup. Salaire à la baisse, moins de vacances... et surtout passage d'un taux horaire fixe avec salaire mensuel à du travail sur appel. Problème: ce changement s'est opéré en même temps qu'un recul du nombre de promotions dans les magasins.

«On est passé de 12 ou 13 jours par mois l'année passée à seulement 2 ou 3 en janvier. Comment peut-on payer notre loyer à la fin du mois?», déplore une Neuchâteloise. Des témoignages similaires ont été diffusés par la télévision SRF dans l'émission «Kassensturz». TMI y admettait une situation difficile, tout en rappelant que les nouvelles conditions étaient toujours supérieures à la norme dans la branche.

«Leur manière d'agir est moralement scandaleuse et indigne», avait jugé une syndicaliste. Certains employés ont cherché à fédérer leurs collègues pour protester contre cette soudaine précarité. Et leur contestation a été entendue. Vendredi dernier, Migros et TMI annonçaient qu'un accord avait été trouvé et communiqué aux quelque 280 employés concernés.

Dans l'e-mail que ces derniers ont reçu et que «20 minutes» a pu consulter, plusieurs bonnes nouvelles sont annoncées. Migros s'engage à augmenter à nouveau son volume de promotions, offrant aux employés plus de jours de travail. Et s'il devait subsister un manque par rapport à l'année précédente, des compensations directes seront versées. «Pour 2019, Migros garantit un salaire annuel et des prestations sociales pareilles à ceux de 2018», résume TMI.

Ces généreuses mesures n'offrent cela dit qu'un sursis aux employés. «Les ajustements contractuels annoncés entreront en vigueur le 1er janvier 2020», affirme TMI. Qui ajoute que, d'ici là et en cas de refus d'employés de certaines missions proposées, les versements de salaire compensatoire promis seraient réduits.

Née à la Migros puis externalisée

TMI a été créée comme une start-up interne à Migros, «proposant des prestations de stimulation des achats et d'expérience de marque», décrit le géant orange. Elle vient d'être détachée de Migros et transformée en société indépendante. Elle perdait ce faisant les avantages de la convention collective qui s'applique chez Migros. Tous les employés ont reçu une proposition de transfert de contrat en fin d'année dernière. Un refus était alors assimilé à une démission. «La plupart sont âgés de plus de 50 ans et ont peur de ne pas retrouver d'emploi. Ils préfèrent donc signer n'importe quel contrat plutôt que d'être au chômage», déplore la Neuchâteloise. «Les prestations de la convention collective seront assurées jusqu'à fin 2019», rassure Tristan Cerf, porte-parole de Migros.

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