Transport: Un handicapé genevois fait plier easyJet
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TransportUn handicapé genevois fait plier easyJet

La branche suisse de la compagnie à bas prix a été remise à l'ordre par l'Office de l'aviation civile. Ses pratiques, abandonnées depuis, violaient la loi sur l'égalité pour les handicapés.

Andres Perez a obtenu gain de cause. En conflit depuis 2009 avec easyJet, ce Genevois, qui se déplace en chaise roulante, a réussi à faire plier la compagnie low-cost avec l'appui de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC), annonce l'association Egalité Handicap. EasyJet avait refusé d'embarquer ce passager handicapé au départ de Cointrin, sous prétexte qu'il n'était pas accompagné.

Saisie, l'OFAC a rendu son jugement le 22 décembre dernier. L'office a estimé que cette pratique du transporteur était contraire à la loi sur l'égalité pour les handicapés. La sécurité

du trafic et de l'exploitation constitue certes un intérêt public important qui peut, selon les circonstances, justifier qu'une personne ne soit autorisée à voyager en avion que si elle est accompagnée. En revanche, l'exigence systématique d'un accompagnant pour toute personne se déplaçant en chaise roulante viole le principe de la proportionnalité.

Comme la compagnie aérienne easyJet a abandonné entre-temps sa pratique forfaitaire envers les personnes en chaise roulante, l'OFAC renonce dans le cas présent à ordonner l'élimination

de l'inégalité.

L'accompagnement obligatoire est discriminatoire

La compagnie low-cost est tancée pour avoir exigé l'accompagnement des personnes à mobilité réduite.

Ce n'est qu'une décision de principe, mais elle constitue déjà une victoire pour Andres Perez. Ce juriste genevois, qui se déplace en fauteuil roulant, s'était vu refuser l'accès à un vol easyJet en 2009: la compagnie exigeait qu'il soit accompagné. Avec l'organisation Integration Handicap, il avait alors interjeté recours.

L'Office fédéral de l'aviation civile estime que refuser systématiquement à un handicapé de voyager seul est une inégalité de traitement. «Cet avis pourrait faire école en Europe», se réjouit Caroline Hess-Klein, d'Egalité Handicap.

«Notre compagnie s'est toujours conformée aux lois, rétorque Caroline Prenez, d'easy­Jet. Chaque jour, quelque 1000 passagers à mobilité réduite voyagent chez nous. Moins de 1% d'entre eux ont besoin d'un accompagnateur.»

La compagnie dit désormais juger les situations au cas par cas, mais elle n'exclut pas de faire recours

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