Moment de recueillement: Un hommage national tout en discrétion
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Moment de recueillementUn hommage national tout en discrétion

Vendredi, à 11h59, la Suisse a respecté une minute de silence en mémoire des personnes emportées par la pandémie. Les églises du pays ont fait sonner leurs cloches.

Le conseil administratif de la Ville de Genève a observé une minute de silence, vendredi en hommage aux victimes de la pandémie. 

Le conseil administratif de la Ville de Genève a observé une minute de silence, vendredi en hommage aux victimes de la pandémie.

Leo

Le 5 mars 2020, la Suisse enregistrait le premier décès lié au Covid-19, il s’agissait d’une femme âgée de 74 ans dans le canton de Vaud. La première d’une longue et triste liste; en un an, la pandémie a entraîné la mort de plus de 9’300 personnes dans notre pays, et plus de 2,5 millions à travers le monde.

Mercredi, sur Twitter, le président de la Confédération Guy Parmelin avait lancé un appel au recueillement, «en mémoire de celles et de ceux qui nous ont quittés, qui ont souffert, qui continuent de lutter pour recouvrer leur santé ou leur travail.» La Suisse a observé vendredi à 11h59 une minute de silence en hommage aux victimes de la pandémie de coronavirus. Les cloches des églises du pays ont ensuite retenti, mais les citoyens se sont fait plutôt discrets dans les villes et villages.

Les officiels se recueillent

«Moment de recueillement aujourd'hui à 11h59 dans la salle de réunion du Conseil fédéral», a twitté le porte-parole du gouvernement André Simonazzi, vendredi en début d’après-midi. Ce dernier a capturé l’instant et en a partagé un extrait sur le réseau social.

Dans un communiqué, le Conseil d’Etat avait invité les Genevois à «témoigner leur solidarité envers toutes celles et ceux qui ont été touchés par cette pandémie». Le canton saisissait aussi cette occasion pour «remercier les citoyens qui, chaque jour, se mobilisent pour faire face à cette crise.»

Le conseil administratif de la Ville de Genève s’est, quant à lui, réuni vendredi peu avant midi pour commémorer une minute de silence devant le Palais Eynard, les drapeaux en berne «pour les victimes du Covid et pour toutes les personnes engagées dans cette crise, ou touchées par elle.»

Le conseil administratif de la ville de Genève. À l'image, de gauche à droite: les conseillers administratifs Christina Kitsos, Frédérique Perler, le maire Sami Kanaan au centre, Marie Barbey-Chappuis et Alfonso Gomez.

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«Libres d’y participer»

Du côté vaudois, on disait comprendre l’appel de Guy Parmelin, tout en rappelant qu’il s’agissait d’«une démarche individuelle» : «Chacun est libre à l’heure de midi de se recueillir en conscience et à titre personnel», a rapporté Laurent Koutaïssoff, vice-chancelier au Bureau d'information et de communication de l'État de Vaud (BIC). Aucun appel officiel n’a été fait au sein de l’administration cantonale.

De même, les établissements, gymnases et écoles professionnelles vaudoises, qui délivrent les cours en présentiel contrairement aux hautes écoles, étaient, eux aussi, «libres d’y participer, selon leur appréciation», a indiqué à son tour le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC).

Pas non plus d’annonce au micro dans les magasins Coop et Migros. Les deux enseignes ont considéré que cet hommage national était avant tout d’ordre privé et individuel, c’est pourquoi les deux géants de la distribution ont laissé le choix aux clients et personnel des magasins d’y prendre part ou pas.

Hommage national rare

Selon les archives de l’agence de presse suisse ATS, il est rare qu’une minute de silence prônée par le Conseil fédéral soit observée au niveau national. Joseph Deiss, alors président de la Confédération, avait appelé à trois minutes de silence dans la foulée d’autres pays européens, après les attentats de Madrid du 11 mars 2004 qui avaient fait 191 morts.

Les Suisses avaient aussi été invités à observer un moment de recueillement le 1er octobre 2001 après la fusillade au parlement régional de Zoug, qui avait fait 14 morts. Deux semaines auparavant, le pays avait fait trois minutes de silence en hommage aux quelques 3000 morts des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

(leo/lvb/afp)

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