Actualisé 20.07.2012 à 06:46

Zurich

Un hôpital suspend les circoncisions

La décision allemande de poursuivre pénalement les ablations du prépuce des très jeunes garçons pour motif religieux fait florès en Suisse.

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sur/ofu
Une à deux interventions sont pratiquées chaque mois à Zurich.

Une à deux interventions sont pratiquées chaque mois à Zurich.

«La direction a décidé de suspendre provisoirement toute circoncision sur des enfants qui n'ont pas encore l'âge de discernement», a annoncé jeudi Rita Gobet, directrice du département d'urologie de l'Hôpital de l'enfance de Zurich.

Cette mesure intervient un mois après que le tribunal de Cologne (All) a estimé que circoncire un bambin pour des motifs religieux relevait de coups et blessures volontaires, et était donc passible de poursuites pénales. L'établissement zurichois craint désormais que ce genre d'opération puisse donner lieu à des poursuites pénales en Suisse. «Une commission a été engagée pour évaluer les aspects éthiques et juridiques autour de cette thématique», a expliqué le porte-parole de l'hôpital, Marco Stücheli, à «20 Minuten», confirmant une information du magazine «Beobachter».

«Nous allons discuter de cette problématique au sein de la direction», a indiqué pour sa part le directeur de l'Hôpital pédiatrique de Berne, Theddy Slongo. Ce dernier estime néanmoins que la mesure prise par ses collègues zurichois est «précipitée». Marcus Schwöbel, médecin-chef de la chirurgie pédiatrique à l'Hôpital de l'enfance de Lucerne, ne compte pas non plus interdire les circoncisions pour l'instant. «Nous n'avons que de très rares cas. Et de toute manière, il est préférable que ces interventions se déroulent dans de bonne conditions sanitaires», a-t-il expliqué. A Lausanne, le porte-parole du CHUV précise que ces opérations ne posent pas de problèmes particuliers.

Cadre légal réclamé outre-Rhin

Les députés allemands ont exigé jeudi, à une large majorité, une loi qui définisse les conditions de la circoncision religieuse. Les représentants du Bundestag appellent le Gouvernement allemand à légiférer d’ici à l’automne et à garantir le droit à cette pratique dès lors qu’elle ne s’accompagne pas de «souffrances inutiles». Lundi, devant son parti, la chancelière Angela Merkel avait affirmé craindre que cette controverse fasse passer l’Allemagne pour une «nation de guignols», selon le journal «Bild».

«Réaction de peur»

Sabine Simkhovitch-Dreyfus, vice-présidente de la Fédération suisse des communautés israélites, est remontée: «C’est une réaction basée sur la peur, elle est tout à fait inadaptée. La circoncision religieuse est une pierre angulaire du judaïsme.» Réaction tout aussi outrée de la part de Hisham Maizar, président de la Fédération d’organisations islamiques de Suisse: «Le risque, c’est que les circoncisions continuent à se faire, mais dans un cadre moins professionnel.»

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