Lausanne: Il flashe sur elle et se pointe à son domicile à l’aide de l’annuaire des autos 
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LausanneIl flashe sur elle et se pointe à son domicile à l’aide de l’annuaire des autos 

Des dérives ont été enregistrées plus d’un mois après l’entrée en vigueur de l’Auto-index, l’annuaire des automobilistes vaudois. 

En plus du flash des radars, les femmes au volant doivent aussi redouter celui des harceleurs qui peuvent retrouver leur adresse.

En plus du flash des radars, les femmes au volant doivent aussi redouter celui des harceleurs qui peuvent retrouver leur adresse.

afp

Pour les automobilistes vaudois, il y a un avant et un après 4 avril 2022. Cette date marque l’entrée en vigueur de l’Auto-index dans le canton de Vaud. En un simple clic et sans débourser le moindre centime, sur la base d’un numéro de plaque, n’importe quel internaute peut retrouver les coordonnées d’un propriétaire. Auparavant, le nom et l’adresse d’un détenteur d’une plaque d’immatriculation étaient communiqués sur demande écrite, mais cette prestation était facturée 20 francs. 

«Il est revenu trois jours après»

Comme certains l’avaient craint, la facilité de l’accès gratuit aux données a déjà provoqué des dérives. Selon le journal «Lausanne Cités», deux cas ont été récemment enregistrés. Une femme qui avait remarqué le regard lourd et insistant d’un homme dans le parking d’un restaurant a vu celui-ci débarquer chez elle, deux semaines plus tard. L’homme lui aurait confié avoir trouvé son adresse sur l’Auto-index. «Il est revenu trois jours après en me disant qu’il avait flashé sur moi. Je lui ai dit que s’il continuait, j’allais contacter la police. Depuis cette histoire qui m’a vraiment fait peur, j’ai fait bloquer l’accès à mes données personnelles», a confié la jeune femme.

Comme vous pouvez le voir dans cette vidéo, un avocat valaisan avait prédit des dérives.

Selon l’hebdo gratuit lausannois, un autre cas s’est produit. Un automobiliste lausannois d’une cinquantaine d’années a été molesté dans son parking par un motard. La veille, les deux avaient eu un différend dans un giratoire. «Je m’en sors avec un œil au beurre noir, une chemise déchirée et une belle frayeur, cela aurait pu être bien pire», a déclaré le quinquagénaire. De son côté, le Service vaudois des autos assure qu’aucun incident lié à la mise en place de l’Auto-index ne lui a encore été signifié.

Pour rappel, dans les cantons du Jura et de Genève, la prestation de recherche en ligne est facturée 10 francs. Le canton de Neuchâtel est encore beaucoup plus strict, car il exige un justificatif valable pour obtenir des informations personnelles sur un automobiliste.

(apn)

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