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Décès à BochuzUn indépendant enquêtera sur la mort du détenu

Le conseiller d'Etat vaudois Philippe Leuba a chargé un ancien juge cantonal d'enquêter sur la mort d'un détenu aux EPO à Bochuz (VD).

Une enquête indépendante devra faire la lumière sur les circonstances du décès d'un détenu le 11 mars dernier aux Etablissements de la plaine de l'Orbe (EPO) à Bochuz (VD). C'est l'ancien juge cantonal François Jomini qui est chargé de cette mission. D'autres mesures ont été prises suite à ce drame qui suscite la polémique au sein de la classe politique.

Le conseiller d'Etat Philippe Leuba a notamment décidé d'interdire les briquets dans la zone sécurisée des EPO et de procéder à de nouveaux tests incendies des matelas. Des briquets sans flamme seront mis en vente auprès des détenus. Un agent de détention de nuit et un service de piquet composé de deux agents de détention renforcera par ailleurs le dispositif en place.

Ces mesures entrent en vigueur immédiatement, a précisé mercredi devant la presse le chef du Département vaudois de l'intérieur, précisant qu'il entendait faire toute la transparence sur cette affaire. A cet effet, l'ancien juge cantonal sera chargé d'établir un rapport précis sur le déroulement des faits et leur conformité ou non avec les normes en vigueur.

Un audit externe portant sur toutes les directives sécuritaires des EPO a en outre été commandé. Il devrait se dérouler sur trois mois. Le coût total de ces mesures est d'environ 330.000 francs. Un rapport complet sera soumis au Conseil d'Etat et au Grand Conseil vaudois. Il sera rendu public. Parallèlement à cela, la procédure pénale se poursuit.

Doutes de la gauche et des Verts

Le décès du détenu, incarcéré dans le quartier de haute sécurité de Bochuz, a suscité la polémique au sein de la classe politique vaudoise suite à la publication par la presse des échanges téléphoniques entre la prison et la police. Ces derniers ont montré que les intervenants ont tardé à intervenir et qu'ils ont tenu des propos injurieux à l'égard du prisonnier. L'homme avait bouté le feu à son matelas, suite à un différend avec les gardiens. Il est mort asphyxié dans sa cellule. Agé de 30 ans, il était incarcéré depuis l'âge de 18 ans.

Vendredi dernier, le Conseil d'Etat vaudois a exprimé des regrets face aux «propos inadéquats» tenus par ses collaborateurs, tandis que le commandant de la police cantonale vaudoise Jacques Antenen a présenté ses excuses pour les «propos malheureux» des policiers.

La gauche et les Verts vaudois ont de leur côté réclamé une enquête indépendante sur cette affaire, après avoir émis «leurs plus grands doutes» sur la véracité des propos communiqués par la police cantonale, le service pénitentiaire et le conseiller d'Etat libéral Philippe Leuba deux jours après le décès du détenu. Le ministre avait notamment déclaré ne pas avoir connaissance de dysfonctionnements aux EPO dans ce drame. (ap)

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