Actualisé 09.02.2017 à 03:43

MexiqueUn Japonais abandonne un projet d'usine

L'équipementier automobile Nisshinbo Holdings craint des incertitudes liées à la politique protectionniste de Donald Trump.

Un fabricant japonais de composants de freins d'automobiles, Nisshinbo Holdings, a fait savoir qu'il excluait dans l'immédiat de construire une nouvelle usine au Mexique, en raison d'incertitudes liées à la politique protectionniste de Donald Trump.

«Nous sommes revenus au point de départ concernant le projet d'usine pour laquelle le Mexique constituait l'option privilégiée. Nous pensons que nous devons la construire ailleurs», a déclaré mercredi lors d'une conférence de presse un dirigeant du groupe, Takayoshi Okugawa, selon des propos rapportés à l'AFP par un porte-parole.

Cette déclaration a été faite au cours de la présentation des résultats du groupe. «Nous n'avions pas officiellement décidé de construire au Mexique, mais ce pays était le lieu favori. Nous reprenons la réflexion une étape en arrière et étudions diverses possibilités», a précisé le porte-parole.

Une première

Selon le quotidien japonais Nikkei, c'est officiellement la première fois qu'une entreprise japonaise abandonne un projet en raison des intentions de Donald Trump de renégocier l'accord nord-américain (Aléna), avec un possible impact sur les constructeurs d'automobiles et leurs fournisseurs qui ont fait du Mexique une base arrière.

Nisshinbo Holdings, qui a des activités également dans l'électronique et l'énergie, contrôle environ 15% du marché mondial des systèmes de friction de freins d'automobiles.

Le fabricant de verre et vitres Asahi Glass a lui aussi laissé entendre cette semaine lors de l'annonce de ses résultats qu'il renonçait pour l'heure à étendre le portefeuille de produits fabriqués au Mexique en attendant de voir l'évolution la situation, selon des propos rapportés par les médias.

Ford a abdiqué

Donald Trump s'en est pris à maintes reprises aux sociétés qui produisent au Mexique et exportent aux Etats-Unis, citant nommément des constructeurs d'automobiles américains ainsi que le japonais Toyota.

Ces déclarations ont déjà conduit Ford à abdiquer: le géant a renoncé à construire une usine au Mexique, pour investir dans une installation déjà existante dans le Michigan (nord des Etats-Unis) et y créer 700 emplois.

La politique de Donald Trump incite aussi des sociétés japonaises à envisager d'implanter des installations aux Etats-Unis. C'est le cas de Sharp (désormais propriété du taïwanais Hon Hai/Foxconn) dont des dirigeants ont déclaré à la presse étudier la construction sur le sol américain d'une usine de dalles d'écrans. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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