Valais - Argentine: Un jumelage pour remonter aux sources

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Valais - ArgentineUn jumelage pour remonter aux sources

La commune argentine d'Esperanza a une signification particulière pour les Valaisans et aussi pour ses habitants. Ces derniers sont pour beaucoup des descendants des premiers colons, Valaisans pour la plupart, qui l'ont fondée en 1856.

Cette ascendance valaisanne ne s'est jamais totalement perdue. L'aventure d'Esperanza est considérée comme une épopée qui a inspiré des poètes locaux. Aujourd'hui la ville se considère comme une soeur des six communes valaisannes d'où sont issus les premiers colons.

Ces communes valaisannes et Esperanza ont signé mercredi un pacte de jumelage à Riddes (VS). «Nous ne faisons que ratifier les liens du sang qui nous unissent», a déclaré la présidente de la ville argentine Anna Meiners, elle-même descendante de colons valaisans.

L'idée de ce jumelage est née en 2006 lors des célébrations organisées pour les 150 ans de la fondation d'Esperanza. Elle a fait son chemin avec l'appui de l'association Valaisans du Monde, débouchant sur la venue en Valais d'une délégation d'Esperanza pour la signature de l'acte.

Un épisode étouffé

L'histoire n'a pas vraiment retenu cet épisode de migration du milieu du 19e siècle. Le sujet est tombé dans l'oubli pour des raisons difficiles à déterminer. Pourtant, le Valais a connu, en quelques décennies, une véritable saignée dans ses forces vives puisque 20% de sa population a quitté le canton pour s'établir en Amérique, essentiellement en Argentine.

«Aujourd'hui, ce jumelage nous engage à une réflexion sur notre passé», a dit le conseiller d'Etat Claude Roch. La réalité de cet épisode historique a été ravivée par un projet de retrouvailles avec les «cousins» d'Amérique lancé à l'occasion du 700e anniversaire de la Confédération en 1991. Les liens tissés à cette époque ont été maintenus grâce à l'association Valaisans du Monde créée dans la foulée.

Fierté des origines

En Argentine en revanche, cette ascendance valaisanne n'a jamais complètement disparu. Dans certaines petites villes, occupées par des familles haut-valaisannes, les personnes âgées parlent encore le haut-valaisan entre eux, explique Graziella Baravalle, membre de la délégation d'Esperanza.

«Ma grand-mère me parlait aussi en français», témoigne Mme Baravalle dont les aïeux se nomment Michelloud et Dayer, originaires de Vex (VS) et d'Hérémence (VS). «Parler le français était la seule façon de conserver un lien avec les origines», explique-t-elle.

Si elle se sent Argentine, elle dit aussi qu'une partie de son coeur est valaisan. Elle a d'ailleurs toujours un costume traditionnel valaisan qui lui vient de son arrière grand-mère et qu'elle porte régulièrement, «et avec fierté» précise-t-elle, lors de fêtes.

Argentins mais différents

Et en Argentine, si ces descendants de Valaisans sont de vrais Argentins, une partie de leur histoire est différente. D'ailleurs la province de Santa Fe, où se sont créées les colonies, est appelée «pampa gringa», ce qui montre bien cette différence d'origine, explique Mme Baravalle.

La ville d'Esperanze affiche ouvertement la fierté de ces origines. Un monument en honneur des premiers colons est en cours de réalisation, a déclaré Mme Meiners. Le nom de tous les premiers colons y figureront, «et ce sont les mêmes noms que nous avons retrouvés ici ces derniers jours.», a-t-elle dit.

Arrivée le 26 juillet, la délégation argentine d'une cinquantaine de personnes a pu visiter chacun de six villages des pionniers. Au nombre de 138 répartis en 21 familles et quelques célibataires, ils venaient des villages de Vex, Hérémence, St-Martin (VS), Riddes, Trient (VS) et Champéry (VS).

(ats)

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