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Un labo suisse vérifie la paternité des Français

ZURICH. Un laboratoire
d'analyse génétique
profite de lois restrictives
en France pour proposer
des tests de paternité au
résidents de l'Hexagone.

L'entreprise Gentest, qui pratique, entre autres, des tests de paternité, réaliserait 30% de son chiffre d'affaires grâce à la clientèle française, profite d'un marché interdit chez nos voisins, où ces analyses ne peuvent être faites qu'à la demande d'un juge. «Des laboratoires extérieurs au pays traitent au moins 10 000 tests de paternité venants de France, tous les ans, peut-être même le double», a confié au Figaro le professeur de génétique Jean-Paul Moissan. «Depuis le 1er avril 2007, les Suisses ont l'obligation de faire appel à un laboratoire helvétique», explique Inma Pazos, directrice adjointe de Gentest. «Dans notre pays, le prélèvement pour cette analyse doit être fait chez un médecin qui vérifie l'identité des personnes testées.»

En revanche, pour le marché étranger, Gentest peut envoyer des kits de prélèvement par poste et analyser le matériel ainsi récolté. Une pratique interdite pour un résident suisse et que le professeur d'éthique Denis Muller condamne. «L'accompagnement et le suivi de tels tests sont très importants», explique-t-il. «La privatisation de ces mesures est liée à une tendance croissante à en faire une opération économique rentable, au lieu de les situer dans un cadre éthique et psychologique le plus clair possible.» Inma Pazos relève toutefois: «La majorité de nos clients vient en Suisse et fait le test chez un médecin.» Réalisés dans de telles conditions, des tests de Gentest auraient déjà été pris en compte dans des procès en France, bien qu'officiellement ils n'aient aucune valeur juridique.

Joël Burri

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