Actualisé 06.08.2014 à 15:26

Spiez (BE)Un laboratoire étudie le virus meurtrier

Le virus Ebola est aussi en Suisse, mais uniquement dans un lieu hautement sécurisé.

Le virus Ebola est étudié depuis ce printemps au Laboratoire de Spiez (BE), établissement spécialisé en recherche sur les matériaux nuisibles à l'humain, financé par la Confédération.

Le virus Ebola fait partie d'une famille de virus à l'apparence filaire caractéristique. Au Laboratoire de Spiez, la recherche virologique porte principalement sur les moyens de les détecter, surtout celui d'Ebola, a déclaré mardi à l'ats le chef de la division de virologie, Marc Strasser.

Si un cas de fièvre Ebola devait être suspecté en Suisse, il pourrait être examiné à Spiez. «Nous faisons aussi de la recherche fondamentale pour contribuer notamment au développement de substances antivirales et de précurseurs de vaccins», a dit M. Strasser. Actuellement toutefois, aucun projet de recherche concret n'est mené avec le virus Ebola.

Vêtements spéciaux

Le personnel doit porter des vêtements de protection spéciaux, sous pression positive. Ce qui signifie que si la combinaison d'un employé devait être endommagée, celui-ci en expulserait l'air, de façon à éviter tout contact avec la maladie.

Le complexe de laboratoires de biosécurité de Spiez a été inauguré à l'été 2010. Il est le seul du pays de niveau P4, soit susceptible d'abriter des agents pathogènes très dangereux. Le bâtiment a été conçu à des fins civiles aussi bien que militaires.

L'épidémie a tué 932 personnes en Afrique, selon un nouveau bilan diffusé mercredi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce bilan établi au 4 août fait aussi état de 1.711 cas recensés dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest, la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone et le Nigeria.

«Pas de mise en garde»

Selon une évaluation actualisée mardi soir, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) juge la probabilité qu'il y ait un cas d'Ebola en Suisse toujours «très faible». Les autorités sanitaires helvétiques observent la situation avec attention, indique le site internet de l'OFSP.

Il n'y a donc «actuellement pas de mise en garde ni de restriction de voyage» à destination de la Guinée, du Liberia ou encore de la Sierra Leone, ajoute l'OFSP. «Si un tel cas (d'Ebola) devait néanmoins se présenter, la Suisse serait prête et médicalement équipée pour y faire face», assure l'Office fédéral.

Malgré une «épidémie d'une grandeur sans précédent», l'OFSP estime le risque d'infection «très faible pour les voyageurs, car la transmission n'a lieu qu'en cas de contact étroit avec un patient ou un animal infecté».

Du côté des compagnies aériennes, plusieurs commencent à suspendre des vols en direction de l'Afrique de l'Ouest. La compagnie Swiss n'est pas concernée étant donné qu'elle n'a aucun vol direct vers cette région du continent africain. (ats)

Deux morts d'Ebola, sept cas au total

Une deuxième personne est morte du virus Ebola au Nigeria, sur un nombre de cas qui atteint désormais sept à Lagos, la plus grande ville d'Afrique de l'Ouest, a annoncé mercredi le gouvernement nigérian. «Le Nigeria a enregistré sept cas confirmés de la maladie d'Ebola», a déclaré le ministre de la Santé Onyebuchi Chukwu. Le nombre de personnes tuées par le virus est désormais de deux, après le décès d'une infirmière qui s'était occupée d'un Libérien, mort fin juillet et premier cas mortel au Nigeria, a-t-il ajouté. Tous les Nigérians infectés par Ebola ont été en contact avec Patrick Sawyer, qui travaillait au ministère des Finances libérien et avait contracté le virus par sa soeur, a précisé M. Chukwu. Il s'était rendu au Nigeria, pays le plus peuplé du continent, pour une rencontre de responsables ouest-africains. Il était visiblement malade à son arrivée à l'aéroport international de Lagos et a été immédiatement transféré aux urgences d'un hôpital du quartier huppé d'Ikoyi, selon les autorités nigérianes.

Réunion à Genève

Le comité d'urgence des règles sanitaires internationales de l'OMS tient mercredi et jeudi à Genève une réunion sur l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola pour décider si cette épidémie constitue une «urgence de santé publique de portée mondiale». Il fera connaître ses décisions vendredi. Une deuxième personne est entre-temps morte du virus au Nigeria.

Une urgence de santé publique de portée mondiale est définie comme «un événement extraordinaire qui est susceptible de constituer un risque de santé publique pour d'autres Etats avec la maladie qui se répand à l'international et qui requiert potentiellement une réponse coordonnée sur le plan international», indique dans un communiqué l'Organisation mondiale de la santé basée à Genève.

Le comité, qui se réunit pour la première fois au sujet d'Ebola, rassemble des experts internationaux et des représentants des pays affectés qui vont donner un avis technique à la Directrice générale de l'OMS, le Dr Margaret Chan.

Il pourrait recommander des mesures temporaires pour réduire l'extension de la maladie. Depuis le début de l'épidémie cette année, le virus Ebola a tué près de 900 personnes, sur 1603 cas en Afrique de l'Ouest, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale du santé (OMS).

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