Hong Kong: Un leader étudiant reconnu coupable
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Hong KongUn leader étudiant reconnu coupable

Joshua Wong était jugé pour son rôle dans une manifestation qui avait précédé mouvement prodémocratie dit des «parapluies».

Le leader étudiant Joshua Wong à l'extérieur du tribunal de Hong Kong où il a été déclaré coupable. (Jeudi 21 juillet 2016)

Le leader étudiant Joshua Wong à l'extérieur du tribunal de Hong Kong où il a été déclaré coupable. (Jeudi 21 juillet 2016)

photo: Keystone

Joshua Wong, leader étudiant devenu le visage du mouvement prodémocratie de 2014 à Hong Kong, a été reconnu coupable jeudi pour son rôle dans une manifestation qui avait déclenché cette immense mobilisation, une affaire qu'il a dénoncée comme de la persécution politique.

Le tribunal de l'ancienne colonie britannique revenue en 1997 dans le giron de la Chine a rendu son jugement au moment où de plus en plus d'habitants ont l'impression que Pékin y durcit sa mainmise.

Joshua Wong, aujourd'hui âgé de 19 ans, a été reconnu coupable d'avoir participé le 26 septembre 2014 à un rassemblement illégal pour avoir escaladé, avec d'autres étudiants, des barrières métalliques et être entré à Civic Square, une place située dans un complexe gouvernemental.

«Révolte des parapluies»

Cette action avait déclenché des manifestations plus importantes et deux jours plus tard débutait le mouvement prodémocratie de masse bientôt connu sous le nom de «révolte des parapluies», lorsque la police avait tiré du gaz lacrymogène dans la foule. Le leader étudiant encourt jusqu'à cinq ans de prison.

Alex Chow et Nathan Law, autres figures de proue du mouvement, ont également été condamnés, le premier pour avoir participé à cette manifestation, le second pour avoir incité ses camarades à le faire.

«Quelle que soit la peine, nous allons continuer le combat contre la répression du gouvernement», a réagi Joshua Wong à l'énoncé de la sentence. «Nous savons que faire face au plus grand régime communiste du monde est une bataille à long terme pour la démocratie».

Sentence connue le 15 août

Les trois leaders étudiants ont été libérés sous caution. Ils devront comparaître à nouveau le 15 août pour connaître leur sentence.

Hong Kong avait connu à l'automne 2014 sa plus grave crise politique depuis la rétrocession. Des dizaines de milliers de manifestants avaient paralysé des quartiers entiers pendant plus de deux mois afin de réclamer un véritable suffrage universel pour la désignation du chef de l'exécutif en 2017.

En dépit de l'écho international suscité par ce mouvement, la Chine ne leur a pas cédé un pouce de terrain. Face à cet échec, la colère et la frustration a gagné du terrain parmi les jeunes militants qui veulent des réformes politiques. Depuis, Wong et Law ont créé un nouveau parti, appelé Demosisto, qui réclame l'autodétermination de la région semi autonome. D'autres militants vont jusqu'à réclamer l'indépendance.

«Perturber l'ordre public»

En prononçant son jugement, le tribunal a déclaré que Joshua Wong savait en escaladant les barrières qu'il pouvait «perturber l'ordre public».

La défense avait fait valoir que les autorités n'auraient pas dû ériger ces barrières à cet endroit de rassemblement traditionnel pour les manifestations, alors que la fébrilité politique régnait à Hong Kong dans l'attente des décisions de Pékin concernant l'élection de 2017, et après la publication de celles-ci.

Joshua Wong a été plusieurs fois inculpé pour des chefs divers liés au «mouvement des parapluies» et a fréquenté assidûment les tribunaux ces derniers mois.

Sentiment que les libertés s'érodent

En juin, il avait été relaxé de chefs en rapport avec une manifestation anti-Pékin. D'après les termes de l'accord sino-britannique sur la rétrocession, Hong Kong jouit de libertés inconnues ailleurs en Chine continentale, en vertu du principe «Un pays, deux systèmes», en théorie jusqu'en 2047.

Beaucoup ont le sentiment que ces libertés sont en train de s'éroder. Les tensions se sont encore intensifiées ces derniers temps après les révélations explosives d'un libraire hongkongais «disparu» sur sa détention pendant des mois en Chine, sans accès à sa famille ou à un avocat.

Lam Wing-kee s'était volatilisé fin 2015 avec quatre autres employés d'une maison d'édition hongkongaise spécialisée dans les titres salaces et les intrigues politiques au sommet du pouvoir en Chine. Les «disparus» ont ensuite refait surface sur le continent. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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