Actualisé 23.12.2019 à 21:28

Jordanie

Un léger mieux pour les animaux de compagnie

Hôtels pour animaux, séances de toilettage ou de manucure... les Jordaniens changent la vie de chien de leurs amis à pattes.

Il y a quelques années encore, il était rare de voir un Jordanien s'inquiéter suffisamment du bien-être de son chien pour lui octroyer une promenade quotidienne. Mais les mentalités ont évolué et aujourd'hui, des hôtels pour animaux essaiment partout dans le pays.

Nourriture, jouets, nettoyage et habits: les Jordaniens sont de plus en plus nombreux à posséder un chat ou un chien et à dépenser des dizaines de dinars pour les bichonner, malgré un salaire médian de seulement 600 dollars (541 euros).

Pour Marwan al-Haj Ali, la hausse du nombre de ses concitoyens à vivre avec des animaux de compagnie est «remarquable».

Après avoir «observé qu'il y avait une demande», il a décidé d'ouvrir le tout premier hôtel pour animaux du pays, assorti d'un centre de dressage pour des chiens, le «Pet Zone».

«Pet Zone»

Ici, promet-il, les maîtres peuvent gâter leur ami à pattes avec un passage chez le coiffeur, en leur offrant un bain ou encore une manucure pour 14 dollars (12,60 euros). Et un séjour à l'hôtel coûtera quatre dollars (3,60 euros), avec une caméra braquée jour et nuit sur l'animal pour rassurer son maître.

«Il y a vingt ans, si vous aviez dit à qui que ce soit que vous laissiez votre chien dans un hôtel, la personne vous aurait assurément ri au nez», avoue en souriant M. Haj Ali, tandis que, derrière lui, un de ses employés sèche un immense berger allemand au pelage noir.

Le changement d'attitude concerne surtout les chiens et chats d'Amman, tandis que d'autres animaux continuent à subir brimades et mauvais traitements, surtout les ânes et dromadaires.

Employée dans une clinique, Alaa Kalemat dit ne pas compter quand il s'agit de son chien Lucy. «Pour moi, les dépenses n'ont pas d'importance», confie-t-elle, en attendant une consultation à «Vetzone», un centre de soins pour animaux.

Dépenser sans compter

«Ce n'est pas comme avant, c'était la honte», explique Alaa Kalemat, 29 ans, dont le chien, un croisé entre un chihuahua et un terrier, explore avec attention le sol avec sa truffe.

Mais, pour de nombreux Jordaniens, l'attachement qu'ils portent à leurs animaux peut gréver sévèrement les finances, comme le confirme Sami George, propriétaire d'un des meilleurs hôtels d'Amman pour animaux et maître d'un terrier français.

«Tout est cher en Jordanie et c'est aussi le cas pour la nourriture, les accessoires, les soins pour les animaux», regrette-t-il.

Dans ce pays dont l'économie est très dépendante des aides étrangères, près de 19% de la population est au chômage et 15% vit sous le seuil de la pauvreté. A plusieurs reprises, les Jordaniens ont manifesté pour protester contre la cherté de la vie et l'inflation galopante.

«Un enfant de plus»

Malgré les coûts que représente leur entretien, les Jordaniens privilégient les chiens à grande taille, comme les bergers allemands, les rottweilers ou encore les huskies.

Les chiots sont vendus entre 140 et 1.700 dollars (126 à 1.534 euros) puis, au cours de leur vie, s'ajoutera le coût des examens médicaux réguliers, sans oublier celui des vaccins voire de leur stérilisation.

Alaa Chehadeh, directeur de Vetzone, observe avec ses collègues sur un écran Navy, un chien partiellement paralysé en raison d'une hernie discale.

«Les soins médicaux sont très chers à cause du coût du matériel, c'est encore quelque chose de nouveau dans le milieu», justifie-t-il.

Sa clinique possède un service de soins intensifs et propose des examens des poumons, des incubateurs mais aussi des tests sanguins dans des laboratoires privés.

«Sous ma responsabilité»

Une cliente, venue avec son chien de Salt, à 35 km d'Amman, «avait clairement un faible revenu, et pourtant elle a décidé de venir ici avec lui (...) pour faire une radio». Coût de l'opération: entre 20 et 50 dollars (18 à 45 euros).

«C'est comme avoir un enfant de plus, peu importe les coûts qu'il génère, il est sous ma responsabilité», explique une autre cliente, Rima Abou Zahra.

Les chiens errants ne sont pas en reste: sur Facebook, des groupes se constituent et partagent des conseils pour les adopter et les dresser. La loi a été amendée en 2016 pour être à jour face à cette nouvelle tendance.

«De plus en plus de personnes ont des animaux, surtout des chiens, et nous devions légiférer sur cette question pour être sûrs que les animaux sont bien traités», affirme Mervat Mhairat, de la municipalité d'Amman. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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