15.09.2020 à 15:38

Un loup déguisé en agneau

Une petite voiture spacieuse. C’est plutôt une recette imaginée par les Européens. Mais elle a également fait mouche aux États-Unis, comme le montre la Rambler American.

de
Bruno von Rotz
15.9.2020

En 1958, la Rambler American était la bonne voiture au bon moment. Un véhicule compact pour petits budgets. C’était exactement ce que les concessionnaires américains voulaient dans une conjoncture économique difficile. Et l’American Motors Corporation n’a pas eu à chercher loin pour trouver la base du nouveau modèle, puisque le constructeur en avait un bon en rayon: celui de la Nash Rambler de 1955.

Le modèle de 1959: compact, mais certainement pas sous-motorisé.

Le modèle de 1959: compact, mais certainement pas sous-motorisé.

RM/Sotheby’s/www.zwischengas.com
L’accès au coffre se faisait par deux clapets…

L’accès au coffre se faisait par deux clapets…

RM/Sotheby’s/www.zwischengas.com
… qui s’ouvraient vers le haut et vers le bas.

… qui s’ouvraient vers le haut et vers le bas.

RM/Sotheby’s/www.zwischengas.com

Une voiture conforme à la demande des Américains

Le nom était tout un programme, du moins était-ce la perception des spécialistes de la vente d’American Motors. Dans le prospectus de vente, on pouvait lire «Meet the ALL-AMERICAN Smaller Car» («Permettez-nous de vous présenter la petite voiture 100% AMÉRICAINE»). Ce slogan aurait tout aussi bien pu être utilisé dans l’Amérique moderne de Trump. Comme on pouvait lire dans la brochure, il était inévitable que cette Rambler American, de construction si différente, fasse son apparition sur le marché américain en 1958, car il y avait, après tout, une forte demande pour ce type de véhicule.

Un produit en rayon

À regarder la technologie et même la forme de la carrosserie de plus près, on s’aperçoit rapidement que la Rambler American n’était en fait qu’une version améliorée de la Nash Rambler de 1955, qui était elle-même fondée sur le premier modèle compact d’après-guerre du même nom, présenté le 13 avril 1950. Comme ses prédécesseurs, la nouvelle Rambler American disposait également d’une carrosserie autoportante, et même l’empattement de 100 pouces (2,54 mètres) remontait aux toutes premières Nash Rambler d’après-guerre.

Quoi qu’il en soit, la Rambler était plaisante à l’œil et, avec son moteur six cylindres de 91 ch, elle était loin d’être lente. Aux yeux des Américains, elle était extrêmement compacte à l’extérieur, mais à l’intérieur, elle était à peine moins spacieuse que ses concurrentes plus grandes. À 1789 dollars, la Rambler American était relativement bon marché aux États-Unis. En Suisse, elle coûtait 13’850 francs en 1959, toutefois en version essence et avec un meilleur équipement. Elle était ainsi largement comparable à une Opel.

La Rambler American était également économique. Lors d’un trajet record de Los Angeles à Miami, sa consommation n’était que de 6,65 litres aux 100, ce qui était également dû à la surmultipliée, qui était disponible en option.

Un break en guise de berline

Les ventes ont bien démarré dès la première année de production en 1958, mais une deuxième variante du modèle a été annoncée dès le mois d’octobre: un break deux portes. Les dimensions extérieures, qui rappellent fortement les voitures européennes de taille moyenne d’aujourd’hui, sont restées inchangées: 453 cm de long, 185 cm de large, 145,5 cm de haut. À l’époque, une largeur de 1,85 mètre était cependant considérée comme grande en Suisse, mais elle permettait aussi à trois personnes d’être assises confortablement côte à côte.

En 1960, une berline quatre portes a vu le jour. Au total, plus de 240’000 Rambler American ont été construites en trois ans, dont seule une infime partie a manifestement survécu.

Uniquement avec moteur six cylindres à la sortie d’usine

Le fait que les photos illustrent ici une Rambler American de 1959 avec un moteur huit cylindres est sans doute dû à l’envie de son propriétaire de déguiser un loup en agneau. Doté du V8, qui a assurément deux fois plus de puissance que le moteur d’origine, il devrait pouvoir réaliser des performances étonnantes, qui ne devraient pas seulement impressionner au démarrage.

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